Respectez les rythmes biologiques de l’enfant !


Entre l’école, les devoirs, les amis, la télévision… l’emploi du temps des enfants est souvent chargé. Or les habitudes familiales et surtout les rythmes scolaires ne respectent pas souvent l’horloge interne des  enfants. Quels aménagements sont nécessaires pour éviter fatigue ou manque d’attention ? 

 

Horaires scolaires harassants, quantité de sommeil variable… Les enfants sont parfois soumis à rude épreuve. Quels sont les moyens de respecter un peu plus l’enfant et ses besoins ? Une étude de l’Institut National de la santé et de la recherche médicale  a fait le point sur les rythmes biologiques dees enfants. Selon ses conclusions, de nombreux aménagements seraient nécessaires.

L’enfant a une horloge interne !

Tous les êtres humains, comme les autres animaux et les végétaux, possèdent des rythmes biologiques. Ils permettent à notre corps de s’organiser et de s’adapter aux événements de la journée. Contrôlés par notre cerveau, ils se traduisent par des variations physiologiques (taux d’hormones dans le sang…) et cognitives (baisse de l’attention…). Pour conserver la santé, il est donc essentiel de les respecter.

Comme l’adulte, l’enfant possède ses propres rythmes biologiques. Ainsi, les plus petits vont avoir besoin de plus de sommeil, ils ne seront pas concentrés tout le temps de la même façon… Cette horloge interne varie d’un enfant à un autre.

Respectez son sommeil

L’un des éléments essentiels des rythmes de l’enfant est l’alternance veille/sommeil. Il est primordial de respecter les besoins de celui-ci en la matière. Or ce cycle est en constante évolution jusqu’à l’adolescence.

La sieste par exemple fait partie des phases indispensables pour les plus petits. Sa durée diminue dès l’âge de neuf mois et elle disparaît généralement entre 3 et 6 ans. Néanmoins, elle reste essentielle pour les enfants de 2 à 5 ans. Au-delà de 6 ans, l’enfant doit bénéficier d’une quantité de sommeil suffisante : au moins neuf à dix heures. De plus, les heures de coucher et de lever ne doivent pas varier.

Ecole : des journées mal organisées ?

En France, le volume annuel d’heures passées sur les bancs de l’école est dans la moyenne européenne. Il est fixé à 936 heures par an et il est vérifié par l’inspection académique dans chaque établissement. Mais les journées sont souvent trop longues et mal organisées. L’Inserm souligne que l’activité intellectuelle des élèves varie sur une journée et sur une semaine.

Ainsi, sur un jour, on constate que les performances cognitives augmentent dès le lever pour atteindre un pic vers 11 heures. Ensuite, elles baissent jusqu’à 14 heures pour remonter jusqu’à la fin de l’après-midi. Or l’emploi du temps scolaire n’est absolument pas adapté à cette constatation.

L’Inserm préconise « de réserver les créneaux horaires les plus favorables (fin de matinée et milieu d’après-midi) à des apprentissages nouveaux nécessitant de l’attention et, à l’inverse, d’occuper les moments les moins favorables à des activités d’entretien des connaissances ou à caractère plus ludique ».

Pour les adolescents, l’Inserm recommande de retarder le début des cours le matin. En effet, ces jeunes ont souvent un sommeil décalé : coucher tard et lever également tard. Il serait donc préférable que les ados n’arrivent pas en classe avant neuf heures.

Semaine de quatre jours : la solution ?

En France, un quart des écoles primaires est à « la semaine des quatre jours ». Ce temps gagné pendant l’année est rattrapé sur les vacances : les élèves font leur rentrée un peu avant la fin du mois d’août. Mais cette solution suscite bien des polémiques. Selon plusieurs spécialistes, elle entraînerait une coupure trop longue durant le week-end. Cela entraînerait des difficultés de reprise le lundi. Mais l’Inserm souligne que la semaine « classique » est tout aussi responsable de débuts difficiles.

Pour l’instant, les études sur les rythmes hebdomadaires n’ont donné que peu d’informations. Les scientifiques ont constaté un plus haut niveau de vigilance le jeudi après-midi chez les enfants du cours préparatoire et le vendredi matin chez ceux du cours élémentaire. Dans l’attente d’études poussées sur le sujet, l’Inserm « juge prudent de ne pas généraliser la semaine de 4 jours ». Sous la pression des parents dont les week-ends s’allongent depuis l’arrivée des 35 heures, saura-t-on respecter le rythme des enfants ? Une affaire à suivre.

Alain Sousa

DOCTISSIMO