Quel genre de père êtes-vous?

 Aimer votre fille ne suffit pas. Encore faut-il que votre comportement à son égard l’aide à devenir indépendante et sûre d’elle-même.

Les enquêtes menées sur les femmes qui ont réussi révèlent que le rôle du père est essentiel dans l’épanouissement de sa fille. En étant le premier homme de sa vie qui l’encourage et stimule son développement, vous lui donnerez un atout précieux qui lui servira toute son existence: le respect de soi et la confiance indispensables à toute réussite professionnelle et personnelle.

Il n’existe pas de modèle idéal de comportement paternel. Ce qui existe, ce sont des circonstances où il faut se montrer indulgent, et d’autres où la fermeté est de mise. Malheureusement, beaucoup de pères se laissent enfermer dans un moule unique.

Nous ne compterons pas de points à la fin de ce test : l’amour paternel ne se mesure pas.

Les questions suivantes vous amèneront peut-être à reconsidérer certains de vos actes et de vos attitudes. Elles visent à vous faire prendre conscience du type de père que vous êtes et à vous rappeler la règle no 1 qui s’applique à tous les parents : ce que vous faites a beaucoup plus d’influence que ce que vous dites.

Chaque série de questions vous aidera à identifier votre comportement et le message qu’il transmet.

Sur la féminité

  1. Excusez-vous ses manifestations excessives d’émotivité en disant ou en pensant :«Les filles sont comme ça. Elles sont plus émotives.» (Si votre fils avait un comportement semblable, seriez-vous aussi indulgent à son endroit ?)
  2. Quand votre fille a une mauvaise note en mathématiques, dites-vous (ou pensez-vous) que «c’est normal, les filles ne sont pas douées pour les maths.»
  3. Avez-vous du mal à punir votre fille, si elle se met à pleurer ?
  4. Quand une femme en salopette répare l’évier de la cuisine, trouvez-vous qu’elle manque de féminité ?

Si vous avez répondu «oui» à ces questions, vous acceptez, dans une certaine mesure, que le stéréotype féminin traditionnel soit le modèle à suivre pour votre fille. Si celle-ci en vient à croire que les exigences de la «féminité» déterminent sa valeur comme être humain, elle risque de ne jamais avoir d’assurance, de ne jamais cultiver ses dons, de ne jamais réaliser ses rêves.

Sur le goût du risque

  1. Incitez-vous votre fille à explorer son environnement, à vivre de nouvelles expériences et à mettre sa résistance physique à l’épreuve ?
  2. Êtes-vous un «père poule», veillant constamment à son confort et à sa sécurité ? Volez-vous à son secours chaque fois qu’elle vous semble désemparée ?
  3. Acceptez-vous qu’elle refuse de relever un défi, sous prétexte qu’elle a peur ou qu’elle n’en a pas envie ?
  4. Lui avez-vous appris à se défendre ou l’avez-vous encouragée à s’inscrire à un cours d’autodéfense ?

Nos craintes – tout à fait fondées – pour la sécurité de nos filles nous poussent à leur enseigner la prudence et la méfiance. Avec pour résultat que, souvent, elles cherchent des hommes qui les protégeront et prendront les risques pour elles. Bien sûr, il y a des moments où une petite fille – ou un petit garçon – est en danger et a besoin de l’assistance d’un adulte. Mais une attitude surprotectrice ne peut engendrer que la peur et la dépendance.

Sur la supériorité masculine

  1. Prenez-vous la plupart des décisions dans votre ménage ?
  2. Votre femme se plaint-elle souvent que vous lui coupiez la parole ?
  3. Êtes-vous contrarié que votre femme suive un cours ou s’intéresse à une cause, si cela la rend moins disponible ?
  4. L’exploitation sexuelle de la femme par la publicité vous apparaît-elle comme un moyen inoffensif de faire vendre des produits ?

Si vous avez répondu «oui» à ces questions, vous devriez peut-être examiner le message que vous envoyez à votre fille : au fond, quoi que vous puissiez dire de ses compétences à elle, vous ne pensez pas que les femmes soient aussi compétentes que les hommes, ou que leurs occupations soient aussi importantes.

Le temps partagé

  1. Passez-vous du temps seul avec votre fille ?
  2. Vous arrive-t-il de l’emmener pêcher ou camper avec vous ?
  3. Lui avez-vous jamais fait visiter votre lieu de travail ? Discutez-vous parfois de questions professionnelles ou économiques avec elle ?
  4. Parlez-vous d’argent et de planification financière avec elle ?
  5. L’emmenez-vous parfois faire avec vous des «courses d’homme», au garage, à la quincaillerie ?
  6. Lui apprenez-vous à faire des réparations ?
  7. L’invitez-vous, de temps en temps, à vous accompagner à des matches de hockey, de base-ball ? Allez-vous l’encourager quand elle participe à une compétition ?

Une des choses les plus intéressantes que j’aie apprises est que beaucoup de pères voudraient bien passer du temps seul avec leur fille, mais ne savent pas quoi faire. L’un d’eux m’a même dit : «Je croyais que la seule chose que je pouvais faire avec elle était de l’inviter à dîner ou à faire la tournée des magasins.»

Un père et sa fille peuvent être aussi bons copains qu’un père et son fils. Une règle très simple s’applique ici : tout ce que vous pouvez faire avec un fils, vous pouvez généralement le faire avec une fille.

Emmenez donc votre fille avec vous dans vos expéditions de pêches, à un match de football ou au garage pour faire réparer votre voiture ! N’importe où ! Dans la plupart des cas, elle sera si contente de vous avoir pour elle toute seule qu’elle se souciera peu de ce que vous faites ensemble. Et s’il y a une activité en particulier qui semble l’ennuyer, essayez-en une autre.

Cela pourrait être le début d’un remodelage complet de votre rôle de père – un rôle qui vous apportera infiniment plus de joies et de satisfaction que vous ne l’imaginiez.

Nicky Maron
Source : Sélection du Reader’s Digest, juin 1988.