« Que penser des desserts?Par Stéphanie Côté (Nutritionniste)

Que penser des desserts?

 La majorité d’entre nous aimons les desserts. Les enfants d’âge préscolaire ne font pas exception. Peut-on leur servir un dessert sucré à l’occasion ou doit-on se limiter aux seuls desserts nourrissants?

 

Que penser des desserts?

La façon d’offrir le dessert

Avant même de parler des desserts en soi, il faut parler de la manière de les offrir. Très (trop) souvent, le dessert est considéré comme une récompense par les adultes. C’est la gâterie qu’on s’offre à la fin d’une dure journée ou pour se féliciter d’être allé s’entraîner, par exemple. Il faut essayer de changer cette perception et surtout éviter de la transmettre aux jeunes enfants.

Le dessert, comme aucun autre aliment d’ailleurs, ne devrait être offert en guise de récompense. Parfois même, il est interdit si l’enfant n’a pas fini son plat principal. Manger est un besoin et un plaisir, mais pas une récompense, et encore moins une punition!

Si le dessert est prévu au menu, chaque enfant doit y avoir droit, qu’il ait fini son assiette ou non. On n’offre pas le dessert uniquement aux enfants qui l’ont vidée.

Il se peut que les enfants préfèrent les aliments sucrés aux salés, mais on ne doit pas renforcer cette préférence en plaçant le dessert sur un piédestal. Le dessert ne doit pas être perçu comme un privilège pour avoir franchi «l’obstacle» du repas principal. De même, on ne peut pas punir un enfant d’avoir cessé de manger alors qu’il n’avait plus faim ou qu’il se gardait volontairement une petite place pour le dessert plutôt que de repousser les limites de son appétit.

Qu’y a-t-il au menu pour dessert?

Les fruits, le yogourt, les desserts au lait et les muffins maison sont des desserts nourrissants fréquemment servis aux enfants. Les biscuits, les gâteaux et autres pâtisseries le sont beaucoup moins souvent, voire jamais. Même le gâteau d’anniversaire est parfois boudé. Pourtant, ces desserts sont compatibles avec une alimentation saine. C’est une question de fréquence et de quantité. L’équilibre alimentaire n’est pas compromis quand un ou deux desserts sucrés par semaine viennent couronner un menu autrement nourrissant. Au contraire, ils contribuent plutôt à l’équilibre qui veut que tous les aliments soient permis.

Des fruits, encore des fruits. Trop?

Les fruits sont populaires dans les services de garde, et c’est tant mieux. Ils sont offerts à la collation ou au dessert, et parfois aux deux. Pour que les enfants continuent de les apprécier à leur juste valeur, l’idéal est de ne pas en abuser et de varier la présentation. Même si la majorité des enfants les aiment, l’idée est justement de ne pas en venir au point où ils s’exclameront : « ah non, pas encore des fruits! ».

Pour ce qui est de la variété de la présentation, les fruits frais peuvent notamment prendre la forme d’une salade, d’une trempette ou d’un smoothie, sans oublier toutes les possibilités de carrés aux fruits, de croustades, etc.

Les desserts cuisinés sont sans pareil pour varier l’offre. Mais à cause du manque de temps pour les préparer avant le dîner, ils sont davantage servis en collation. Cette contrainte est surmontable grâce à une optimisation de lagestion du temps en cuisine, ce qui permettrait de servir des desserts maison aux enfants à l’occasion.

Joindre l’utile à l’agréable

On classe souvent les desserts en deux catégories : les nourrissants et les décadents. Nous ajoutons la catégorie « entre-deux ». Il existe en effet des desserts qui sont à la fois spéciaux aux yeux des enfants et intéressants sur le plan nutritif.

Voici des preuves : notre « Carré chocolaté » qui renferme des haricots noirs, notre « Gâteau de Bette la sorcière », fait avec de la farine de blé entier, du son de blé, des carottes et des betteraves, ou la « Tendresse aux pêches » au tofu soyeux.

Gourmandise?

Le dessert est facultatif. Il n’est pas nécessaire qu’il clôture chaque repas. Le « sucré » après le « salé » est une habitude qu’on a développée dans nos familles et nos sociétés, et qu’on transmet aux enfants.

Bien qu’il puisse parfois inciter à la gourmandise, le dessert omniprésent a quelque chose de rassurant qui peut, au contraire, prévenir certains excès. En effet, il signifie aux enfants qu’ils peuvent refuser un dessert s’ils sont repus, et que l’occasion se représentera d’en manger. Après tout, un bon dessert, c’est avant tout un dessert que l’on mange avec appétit, quand on a encore faim, non?!

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