Pourquoi un bébé ressemble-t-il à ses parents ?

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Un bébé présente bien souvent quelques caractéristiques physiques qui ne font pas douter de ses origines. Et pour cause : il a pour moitié hérité des gènes de sa maman et pour l’autre moitié de ceux de son papa !

  • C’est lors de la fécondation que tout se joue : le père apporte dans ses spermatozoïdes la moitié de son patrimoine génétique (porté par les chromosomes), tandis que la mère donne au bébé non seulement la moitié de ses gènes, mais aussi l’environnement qui va servir de terrain de croissance aux premières cellules du bébé. Ensuite, c’est un savant équilibre entre les caractéristiques des deux parents qui s’opère.
  • Chaque être humain possède deux représentants homologues de chaque gène, que l’on appelle allèle, portés par les paires de chromosomes : on ne transmet qu’un seul allèle à sa descendance. Par exemple, pour le gène de la couleur des cheveux, on parle de l’allèle blond ou de l’allèle brun. Certains phénotypes (c’est-à-dire les caractéristiques que les gènes déterminent) sont dits dominants et d’autres récessifs : cela signifie que lorsque les chromosomes sont réunis après la fécondation, l’un des allèles concernant l’expression des caractères l’emportera sur l’autre.
  • Dans l’exemple de la couleur des cheveux, si le papa apporte l’allèle blond et la maman l’allèle brun, il y a très peu de chances que l’enfant soit blond, puisque le phénotype brun est dominant. Il reste que, dans cette loterie, il est impossible de prévoir ce que vont transmettre les parents car il existe une multitude de combinaisons !
  • Mais comment expliquer qu’un enfant soit différent de ses frères et sœurs ?

  • A l’exception des vrais jumeaux, les enfants d’une même fratrie, issus de mêmes parents, n’en sont pas moins différents. Comment cela s’explique-t-il ?

    • Chaque parent, sur ses 46 chromosomes, n’en transmet que la moitié, soit 23. Et ce ne sont jamais les mêmes chromosomes qui sont réunis, puisque c’est le hasard qui décide !
    • A l’exception des vrais jumeaux, il existe peu de chances d’avoir deux enfants strictement identiques.

      Imaginons que les 23 paires de chromosomes soient des bâtonnets colorés de 23 couleurs différentes. Pour réussir à former la série des 23 bâtonnets de l’ovule ou du spermatozoïde, il y a une multitude de combinaisons possibles : 223 exactement, ce qui fait un résultat d’un peu plus de 8 millions de paires possibles. S’ajoutent à cela des brassages internes aux chromosomes et la diversité s’accroît encore. Et quand on pense que cette multitude de combinaisons est également valable chez l’autre partenaire, le nombre de possibilités s’élève alors, après fécondation, à 70 000 milliards : vertigineux ! il y a donc fort peu de chances qu’un couple parvienne à avoir deux enfants exactement identiques (à l’exception des vrais jumeaux !).

    • Mais les frères et sœurs ont quand même plus de chances de se ressembler que deux individus issus de familles complètement différentes, puisqu’ils ont tout de même 50 % de leurs allèles en commun. D’où ce petit air de famille qui caractérise certaines fratries !
    • Des parents bruns tous les deux, mais avec certains parents blonds, peuvent-ils avoir un bébé blond ?

      • C’est tout à fait possible. Pour la couleur des cheveux, de nombreux facteurs entrent en ligne : l’hérédité, mais aussi les facteurs hormonaux, l’âge, etc. Si l’un des grands-parents du futur bébé est blond, il a forcément transmis à ses propres enfants l’allèle blond qui peut ensuite avoir été légué à ses petits-enfants, même si les parents sont bruns : le bébé a donc des chances d’être une petite tête blonde ! Nombreux sont les critères physiques qui sautent une génération et il n’est pas rare de trouver une ressemblance entre un bébé et ses grands-parents.
      • Qui n’a jamais redouté que le nez aquilin de grand-papa ne se retrouve au milieu du visage de son tout-petit ? Rassurez-vous, pour ce genre de critères physiques, la réalité est beaucoup plus complexe. Bien souvent, plusieurs gènes interviennent, notamment pour la forme du nez.Mais une famille où il n’existe exclusivement que des bruns a très peu de chances de voir un enfant blond comme les blés agrandir la famille !
      • Une maman aux yeux bleus, un papa aux yeux marron… ça donne quoi ?

      •   On ne peut pas dire à 100 % quelle sera la couleur des yeux d’un bébé. Tous les bébés naissent avec l’œil de couleur gris-bleu, car les pigments ne sont pas encore formés. Ce n’est que plus tard (généralement avant 2 ans) que l’iris se pigmente et acquiert sa couleur définitive !
        • Pour les yeux verts, cette couleur est en réalité une nuance de bleu. En effet, même s’il existe deux allèles « couleur des yeux », d’autres critères interviennent : la répartition des pigments, la présence d’autres pigments (jaune par exemple), etc. Ce qui explique la multitude de nuances des pigments oculaires !Pour présager de la couleur de ses yeux, il faut tenir compte du fait que le gène brun est dominant sur le bleu : si une personne porte l’allèle brun et l’allèle bleu, elle aura les yeux bruns. Mais elle peut très bien transmettre l’allèle bleu à ses enfants. Si le papa est dans ce cas, il se peut que votre enfant ait les yeux bleus.
          • Il faut regarder du côté des grands-parents pour avoir une idée plus précise. S’ils ont les yeux bleus, vous aussi et le papa les yeux marron, il y a des chances que votre bébé ait les yeux bleus, mais tout est une question de probabilité.

        Les gènes peuvent-ils tout expliquer ?

        • La génétique apporte beaucoup de réponses. Mais si certaines caractéristiques physiques sont définies génétiquement, d’autres restent encore mystérieuses. Ceci explique en partie les difficultés que rencontrent parfois les chercheurs à identifier correctement l’influence de tel gène sur le déclenchement d’une maladie. Le secret de la vie et ses méandres semblent encore bien gardés.

        Anne-Lise Favier avec le Pr Pierre Roubertoux, chercheur au CNRS à Marseille.

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