Pourquoi pleure-t-on ?

Rôles

Le liquide lacrymal permet l’oxygénation et la protection de la cornée. Les larmes permettent un soulagement des tensions psychiques. Pleurer est souvent un acte réflexe qui soulage les tensions psychiques fortes, telles : anxiété, angoisse, peur,tristesse, ou tout autre trop-plein de tension même positive (« pleurer » de joie). Les larmes ont donc aussi un rôle protecteur psychique. Elles sont un des moyens decommunication non verbale dont dispose l’Homme, notamment quand il est bébé, enfant ou vieillard ou qu’il n’est pas en état de parler. Les larmes d’émotion pourraient ainsi contenir un signal chimique volatil dont la perception par l’odorat d’un autre serait susceptible de modifier son état d’esprit (diminution de la tension sexuelle, de la testostérone chez l’homme…).

Facteurs non émotionnels agissant sur la production de larmes

Rôle des hormones

           Les femmes pleurent en moyenne quatre fois plus que les hommes après la puberté. Ceci est lié à la production de certaines hormones comme la prolactine, hormone responsable de la lactation après l’accouchement, de l’absence d’ovulation et du déclenchement des larmes. La lacto transferrine, hormone régulant la production de lait est aussi à l’origine de cette surproduction de larmes chez les femmes. Avant la puberté, ces hormones étant absentes, elles n’interviennent pas dans la production de larmes des femmes. Ce n’est qu’après que les femmes commencent à pleurer plus. Après un accouchement, elles sont plus présentes dans l’organisme, ce qui augmente leur efficacité jusqu’à deux fois. C’est pour cette raison biologique que les femmes pleurent entre 4 et 8 fois plus que les hommes à l’âge adulte. Le cliché de la femme plus sentimentale est donc explicable par ces hormones liées au lait.

Impact du vieillissement

Après 40 ans, comme toute glande, le système lacrymal se dégrade, ce qui diminue la quantité de larmes produite, surtout chez la femme. Il existe de plus des effets du temps qui aboutissent à des dysfonctionnements de la pompe lacrymale ayant pour effets :

  • une augmentation de la laxité palpébrale horizontale et la descente du muscle des paupières ;
  • une éversion des méats lacrymaux ;
  • une malposition palpébrale.

Ces effets entraînent un défaut d’évacuation des larmes par le conduit lacrymo-nasal et un larmoiement chronique. La production de larmes est nécessairement influencée par l’environnement de l’individu. Le rôle protecteur doit s’adapter aux conditions de l’œil pour empêcher sa sécheresse sans le noyer mais aussi réagir contre les poussières en les évacuant tout comme les microbes.

Facteurs environnementaux

Ces facteurs environnementaux sont nombreux et tous les traiter serait impossible. On dira alors que le système lacrymal est intelligent et change la quantité de larmes sécrétées en fonction de l’environnement dans les quantités idéales pour chaque cas. En effet lorsque le climat est chaud et sec, l’œil se dessèche plus vite du fait de l’évaporation. Dans ce cas la production augmente et les paupières clignent plus régulièrement afin de répartir ce surplus produit. Lorsque le temps est humide, la production est moindre car l’évaporation est elle aussi faible. Dans un même temps, les paupières battent moins vite. Lorsque l’on traverse une zone poussiéreuse, il faut évacuer ces envahisseurs qui peuvent endommager l’œil. La quantité de larmes est donc augmentée et une grande partie des poussières sont transférées par l’intermédiaire de larmes dans le nez où elles forment des blocs compacts.

Un exemple précis : l’oignon

Dans le cytoplasme des cellules d’oignon se trouve un composé appelé alliine (acide aminé sulfoxydé) ; la vacuole, elle, contient une enzyme appelée alliinase. Quand la lame du couteau coupe la rondelle d’oignon et déchire la membrane cellulaire, l’alliinase agit sur l’alliine pour obtenir deux composés dont un acide sulfénique. Cet acide sulfénique se réorganise spontanément en oxyde de propanethial (ou sulfate d’allyle). C’est donc ce composé très volatil qui atteint les yeux. L’eau des larmes l’hydrolyse en acide propanesulfinique qui irrite les yeux[réf. nécessaire]. Au final, plus l’oignon agit et plus nous réagissons ; mais la réaction entraîne l’agression. Il n’y a alors qu’une solution, éloigner l’oignon de l’œil.

Rôle des émotions dans la surproduction de larmes

Homme en pleurs assistant en 1941 à Marseille au départ des drapeaux des Régiments dissous vers l’Afrique du Nord

Les émotions agissent sur les glandes lacrymales par l’intermédiaire du système limbique. Le nerf facial VII contrôle les glandes lacrymales. Il existe deux sortes de fibres qui agissent sur les glandes lacrymales : les fibres sympathiques et parasympathiques. D’une manière générale, au niveau du corps humain, les nerfs parasympathiques et sympathiques contrôlent les activités involontaires des organes (ex. : battements du cœur). L’action des nerfs parasympathiques est très souvent opposée à l’action des nerfs sympathiques. Par exemple, au niveau des glandes, les nerfs parasympathiques augmentent les sécrétions, et les nerfs sympathiques les diminuent. Les commandes du système nerveux peuvent donc trouver, grâce à ces nerfs, un équilibre dans le fonctionnement des organes. Pour atteindre la glande lacrymale, les fibres parasympathiques et sympathiques empruntent un chemin légèrement différent. Les fibres sympathiques de la glande lacrymale suivent tout d’abord les fibres sympathiques oculaires puis, au plexus carotidien, prennent une voie différente : elles traversent le nerf pétreux profond. Les fibres parasympathiques des glandes lacrymales, elles, ont pour origine le centre lacrymo-muco-nasal, situé dans la protubérance annulaire. Elles suivent le nerf VII puis, à la sortie du ganglion géniculé, l’abandonnent et forment le nerf grand pétreux superficiel. Celui-ci s’anastomose avec le nerf pétreux profond et forme le nerf vidien. Une fois réunies dans le nerf vidien, les fibres sympathiques et parasympathiques de la glande lacrymale atteignent le ganglion sphéno-palation (ou ganglion ptérygo-palatin). Ces fibres sont appelées à leur sortie du ganglion « fibres post-ganglionnaires ». Celles-ci rejoignent le nerf maxilliaire supérieur. Elles empruntent la voie orbitaire de ce dernier puis le nerf lacrymal (issu du nerf ophtalmique). Ce nerf va les mener dans la glande lacrymale.

En quoi est-il utile de pleurer après une émotion forte ?

La composition des larmes évacuées à la suite d’une émotion est très différente des larmes créées en permanence ou des larmes-réflexes. Les pleurs d’émotion contiennent en effet plus de protéines, d’hormones, dont la prolactine mais aussi la leucine encéphalique qui agit sur la douleur. Le message nerveux qui provoque les larmes entraîne également la production d’antalgiques naturels (d’origine non médicamenteuse). On retrouve également dans ce type de larmes les molécules responsables du stress ou des toxines apparues sous l’effet du stress. Une étude a même calculé que pleurer diminuait la tristesse ou la colère de 40 % environ La particularité des larmes d’émotion reste largement inexplorée. Les effets de catharsis ou relaxant des larmes qu’avancent certaines thèses restent à confirmer, observe la DOG dans une étude publiée en 2009. fr.wikipedia.org