N°6-VICTIMISATION DE L ENFANT A L ECOLE PRIMAIRE

Suite Auteur : Sonia Fischer,Vanessa Bollier 406,402
Travail de maturité 2005, Collège Calvin Maître responsable:
François Lombard4.2 Entretien avec une personne ayant été victime d’isolement dans sa jeunesse.
Q: Pendant combien de temps avez-vous été victime de persécutions?

R: De la 1ère primaire à la 6ème.

Q: Quel était le type de ces persécutions (plutôt physique, moral…;)

R: J’étais plutôt isolé, je ne jouais pas avec les autres, au football par exemple. Je me sentais un peu différent des autres. Je
lisais beaucoup plus que les autres enfants. J’aimais spécialement les livres de chevaliers et je me sentais un peu dans ce monde là, d’où ce décalage que je ressentais.

Q: Par combien de personnes étiez-vous persécuté?

R: Toute la classe n’était pas contre moi c’était plutôt 2-3 élèves, ceux un peu turbulents, les élèves un peu «leader» de la classe.

Q: Pourquoi pensez-vous avoir été la cible de ces persécutions? Pourquoi vous et non une autre personne? A quoi cela est-il dû?

R: A mon avis c’est parce que j’étais trop gentil, j’acceptais beaucoup de choses sans rien dire, par exemple de donner tout mon goûter à mes autres camarades, on peut presque dire que je me laissais marcher dessus. Le manque de confiance en moi était sûrement aussi une des causes de cet isolement de même que la timidité. J’étais quelqu’un de timide et je n’osais pas aller vers les gens de peur de les «déranger».

Q: Est-ce que vous en parliez? (Professeurs, parents, amis…;)

R: Non jamais car je sentais une gêne d’en parler et j’avais toujours ce sentiment de paranoïa, cette peur de déranger, d’embêter l’autre avec mes problèmes.

Q: Aviez- vous à l’époque des problèmes familiaux?

R: Non, je n’en avais pas mais il est vrai que mère avait tendance à me surprotéger.

Q: Est- ce que quelqu’un est intervenu?

R: Non il n’y a jamais eu d’intervention. A part une fois, nous étions en classe et un des élèves ma particulièrement énervé. Ça a
commencé par de méchantes paroles et ça a fini en bagarre, c’est à ce moment que l’institutrice est intervenue. Sinon elle n’a pas cherché à améliorer la situation.

Q: Comment vous en êtes vous sorti?

R: J’ai changé d’école, donc de fréquentations. J’ai rencontré des nouvelles personnes et j’ai mieux choisi les gens avec qui je passais mon temps. Je me suis aussi pas mal remis en question. J’ai cherché à savoir si tout ceci venait de moi. Cette remise en question m’a changé et je pense avoir pris un peu d’assurance.

Q: Quelles conséquences ces persécutions ont-elles eu sur votre vie?

R: Je pense qu’elles m’ont renforcé. Maintenant je vois les choses différemment et je les prends moins au sérieux, j’ai pris du recul et je me laisse moins marcher dessus. Il est vrai que si quelqu’un se moque de moi aujourd’hui je prends ça plutôt à la rigolade. J’ai aussi retenu une phrase de Frank Herbert qui dit que: «Plus les gens souffrent, plus ils deviennent forts». Et je le crois vraiment.

5. Analyses

Dans cette partie nous établir des parallèles entre les deux entretiens que nous avons mené. Nous allons également effectuer une comparaison entre les résultats des entretiens et ceux de notre travail de recherche et nous commenterons certain d’entre eux. Après avoir effectué les entretiens nous avons remarqué que la plupart des informations se complétaient.
Les deux personnes interviewées ont tiré la conclusion suivante: l’enfant isolé est souvent introverti, timide et manque continuellement de confiance en lui.

Les enfants n’aiment pas la différence, c’est pourquoi les enfants marginalisés sont mis à l’écart, nous expliquait l’enseignante.
L’entretien avec la victime nous a confirmé cette hypothèse, en effet, elle a déclaré penser être mise à l’écart en partie à cause de ses lectures qui différaient de celles de ses camarades. Elle-même ressentait cette différence car elle se sentait en décalage par rapport à ses camarades de classe.

La victime n’osait pas aller vers les gens, de peur de déranger, elle n’avait donc pas tous les «outils de socialisation» en main comme nous l’a très bien expliqué l’enseignante. Cette dernière a remarqué que pour sortir de l’état de victime il fallait se remettre en question, ce qui coïncide avec ce qu’a effectué la victime pour sortir de cet engrenage. La victime nous expliquait, lors de son entretien, qu’elle n’avait jamais osé parler de ce problème aux adultes car elle se sentait, en quelque sorte, coupable de sa situation, que «tout était de sa faute». Deboutte exprime également ceci en expliquant que les victimes ont une mauvaise estime d’elles-mêmes et finissent par croire que les autres ont le droit de l’embêter («parce que je le mérite»).

Lors de notre entretien avec l’enseignante nous avons été particulièrement frappées par plusieurs points. Tout d’abord
l’enseignante nous a expliqué que l’état de victime d’un enfant était plus ou moins provoqué par ce dernier, car il avait une attitude, un comportement différent des autres enfants et qu’il ne possédait tout simplement pas «les bons outils» de socialisation. Dans tous les ouvrages que nous avons étudié il n’est jamais exprimé clairement que la cause du rejet est la différence, nous trouvons ceci dommage car il nous semble que c’est une cause primordiale de la victimisation.

Dan Olweus affirmait que les attitudes de la victime n’ont rien d’agressives ni d’agaçantes. Ce dernier contredit les propos de l’institutrice qui pense que le comportement de la victime joue un grand rôle. Il est clair, cependant, que ceux-ci ne seront pas forcément
agressifs ou agaçants mais il s’est avéré que ce genre de comportement ressortait dans plusieurs cas. Nous pensons donc que les propos d’Olweus doivent être nuancés.

En revanche la plupart des déclarations de cette enseignante confirment les écrits des différents auteurs étudiés. En effet, elle nous dit que les déviances extérieures ne sont en rien la cause de la victimisation mais qu’elles pouvaient être utilisées comme attaque.

Lorsque Bany & Johnson évoquent la formation des groupes, ils expliquent que les enfants créent des interactions avec d’autres enfants ayant la même origine ethnique qu’eux, ils créent donc des sous- groupes qui peuvent être négatifs lorsqu’il y a une écrasante majorité. Nous ne serons pas aussi catégoriques dans notre jugement. Même s’il est vrai que l’origine ethnique peu jouer un rôle dans la formation de groupes, nous ne pensons pas qu’à l’école primaire les enfants soient aptes à se juger d’après des différences ethniques. Nous estimons qu’ils sont encore trop jeunes pour cela.

6. Conclusion

Nous pouvons maintenant répondre à un certain nombre de questions que nous nous posions au début de ce travail. Nous avions émis l’hypothèse que les causes des rejets étaient peut-être dues au physique des victimes (obésité, port de lunettes, cheveux, etc.).

Dans les recherches effectuées, il nous est dit que les persécutions ne sont pas dues à des «déviances extérieures» mais plutôt à des attitudes et des comportements. Lorsqu’un enfant est pris pour cible, ses camarades vont se focaliser alors sur ses «déviances extérieures». Mais dans le fond, toutes les critiques qui lui sont adressées, ne sont, que de simples prétextes, qui ne justifient en rien le comportement du groupe.

Pour conclure nous pouvons maintenant dire que la personne désignée comme bouc émissaire n’est pas choisi au hasard. Pour que ce phénomène fonctionne, il faut que cette dernière ait un comportement, des caractéristiques ou des attitudes différentes de ceux des autres membres de la classe.

Ainsi, le groupe désignera quelqu’un qui se démarquera du groupe classe ou qui rencontrera des difficultés, par exemple un manque de confiance en lui. Si en plus de toutes ces caractéristiques, l’enfant a de fortes réactions, il sera presque amusant pour le reste de la classe de l’agacer et de s’en moquer.
Comme nous l’a dit l’enseignante interviewée, ces enfants ont donc à la base des différences qui les prédisposent à devenir plus facilement bouc émissaire que d’autres enfants.

L’objectif de notre travail consistait à bien étudier ce phénomène pour mieux le comprendre. Nous avons été surprises de constater que malgré les interventions effectuées pour aider une victime à s’en sortir, une autre personne prendra alors sa place. Aucun enfant étant identique, il y aura toujours des différences qui «dérangent» et qui ne seront pas acceptées par leurs pairs.

Malgré tout il est important de prévenir et d’agir pour que cette isolation ne soit pas ingérable pour les victimes et que ces dernières puissent s’en sortir. Ce phénomène nous tenait à coeur, c’est pourquoi nous avons éprouvé un réel plaisir à l’étudier, malgré les nombreuses difficultés rencontrées par le manque de connaissances en psychologie.

Perception et discrimination
Exemples d’intervention éducative :
La perception requiert initialement un développement minimal de l’attention mais il implique aussi le fonctionnement précis des grandes aires corticales de l’association dans le cerveau. Normalement ces aires-là se développent beaucoup plus lentement que les aires sensorielles primaires.
Celles-ci reçoivent les stimulations avec toute la richesse des nuances pour leur donner une forme pleine. La capacité de discriminer et de différencier une stimulation d’une autre ou de les associer exige la présence de réseaux nerveux de plus en plus compliqués et en relation les uns avec les autres.
La discrimination est la capacité de percevoir des ressemblances et des différences et de répondre de façon adaptée à ces perceptions. L’usage de la capacité de discrimination fait partie de la vie de tous les jours pour pouvoir fonctionner de façon efficace. Depuis le réveil qui sonne (et nous reconnaissons la sonnerie), le choix des chaussettes ou des chaussures couplées, prendre le bon bus qui nous emmène au travail ou l’achat d’un article dans le magasin qu’il faut sans nous tromper de lieu ni d’objet.
Mais en plus de toutes ces situations de la vie courante, l’apprentissage discriminatif est indispensable dans les programmes éducatifs des petits enfants pour les préparer aux apprentissages scolaires.
Notre expérience nous permet d’affirmer qu’un bon programme avec un enseignement systématisé, débuté précocement, aide beaucoup les enfants à développer leurs capacités perceptives et discriminatives.
Dans ce sens nous considérons que l’éducation de ces capacités inclut la possibilité de reconnaître, identifier, classer, grouper, nommer les objets, images et dessins.
La reconnaissance et l’identification des sons et des mots fait partie aussi de l’apprentissage discriminatif.
L’apprentissage de la discrimination facilite à l’enfant trisomique la pensée logique, la connaissance des formes, des tailles, des textures, des couleurs et d’autres propriétés des objets, les concepts numériques et la lecture.
Il lui servira à l’acquisition de beaucoup d’autres apprentissages dans le domaine social et naturel, ainsi qu’à une amélioration évidente du langage.

Les bébés et petits enfants qui ont été stimulés de façon correcte développent beaucoup de possibilités perceptives. Ils ont eu l’occasion de voir des personnes différentes d’entendre des sons très différents, de goûter des aliments différents, de manier des objets de formes différentes, de tailles, couleurs, matériaux, d’être amenés dans de différents lieux, en positions différentes, par différentes personnes…

Ils ont perçu beaucoup de choses à travers leur corps grâce à leurs cinq sens et ont été capables de réagir face aux stimulations internes et externes.

Au début, la réaction du bébé est instinctive, automatique, sans conscience de la situation et de la réaction. Peu à peu l’enfant évolue et est capable de se rendre compte de l’effet de ses actions, des sons qu’il émet et il commence à avoir un contrôle volontaire sur les personnes et les objets.

L’enfant apprend à contrôler la conduite de son soignant avec ses cris et ses pleurs, suit la trajectoire d’un objet qu’il lance, il écoute le bruit d’un objet lorsqu’il tombe par terre ou il comprend le concept de permanence de l’objet lorsqu’il est provisoirement caché, lorsque sa maman sort de la pièce, lorsqu’il joue à » » » coucou trassss » en se cachant la figure avec les mains.
Ainsi, il commence à anticiper les résultats de ses actions, même s’il manque la compréhension des objets ou s’il ne connaît pas le mot qui décrit ce qu’il observe.

Petit à petit avec l’aide des éducateurs l’enfant comprendra mieux, connaîtra mieux les qualités des objets et les noms que l’on utilise pour les décrire, il sera capable d’élaborer des jugements et de résoudre des problèmes, en donnant des solutions et en agissant de façon adaptée selon les circonstances.