N°5- VICTIMISISATION DE L ENFANT A L ECOLE PRIMAIRE

Suite Auteur : Sonia Fischer,Vanessa Bollier 406,402
Travail de maturité 2005, Collège Calvin Maître responsable:
François Lombard 3. Les solutions

MÊME SOURCE

A la suite de notre recherche pour comprendre le phénomène de la victimisation il nous est paru évident d’écrire un paragraphe sur la prévention. Nous nous sommes posées plusieurs questions comme par exemple comment faire prendre conscience aux enfants de ce que signifie être discriminé?
Selon les études de Dan Olweus, la violence apparaît quand la surveillance n’est pas assez grande. Son programme de prévention insiste donc plus sur des aspects disciplinaires, mais pas seulement.
Son programme d’intervention est jugé dans l’ensemble «bon» voir «très bon» vu que sur 540 enseignants de 20 établissements différents 87% d’entre eux l’on juger bon et deux tiers prévoyaient d’adopter dans leurs classes au moins quelques-unes des mesures proposées. L’ensemble des mesures proposées ci-dessus constitue un programme d’intervention assez complet.
Toutes ces mesures ont leur place dans un programme conçu pour lutter contre les problèmes agresseur/victime. Les principaux objectifs du programme d’intervention sont de réduire autant que possible- dans l’idéal d’éliminer complètement- les problèmes
agresseur/victime sévissant à l’intérieur et à l’extérieur du cadre scolaire et de prévenir le développement d’autres problèmes.

Il nous est paru important de parler de la cohésion dans ce chapitre pour la prévention car une bonne cohésion peut entraîner une solidarité entre les élèves. Benny & Johnson nous proposent:

• Augmenter la conscience que les élèves ont des différents
attraits de la classe
• Insister sur les satisfactions que l’on peut retirer du
travail avec d’autres membres de la classe.
• Dire au groupe dans son ensemble que c’est un bon groupe,
lorsque cela est justifié.
• Mettre en valeur, quand il convient, le prestige du groupe.
• Dramatiser les nombreuses choses nouvelles et intéressantes
qu’ils vont apprendre, et commencer par une activité attrayante à laquelle les enfants peuvent travailler ensemble.
• Amener un groupe à envisager en commun certaines phrases de ses activités journalières.
• Obtenir, au bon moment. Des appréciations favorables sur la
classe de la part de quelqu’un du dehors (un responsable de
l’établissement, un inspecteur, un autre professeur)

3.1. La prévention et les solutions proposées pas Dan Olweus

Il explique qu’«un élève victimisé à l’école devrait pouvoir tout naturellement parler de ses problèmes à ses parents, son instituteur ou ses professeurs, ou les deux. Hélas, l’élève maltraité est en général angoissé et manque de confiance en lui, et il est fort probable qu’il n’ose parler de la situation à personne, en partie en crainte de représailles de la part de ses persécuteurs en cas de réaction des adultes».
L’enseignant interrogé expliquait aussi que l’enfant n’osait parler car il se sentait, en quelque sorte, aussi «responsable» de sa situation. Donc Dan Olweus propose comme première solution, «un fil d’écoute» qui pourrait s’avérer très utile. Ceci consisterait à ce qu’une personne directement liée à l’école – psychologue scolaire, conseiller d’orientation, ou enseignant motivé – pourrait consacrer quelques heures par semaine à répondre aux appels des élèves ou des parents désirant parler de leur situation en gardant l’anonymat.

Son autre idée contre ce problème est la suivante. Cette fois se sont des mesures prisent au niveau de la classe. Il souhaite que les enseignants et les élèves élaborent des règles de vie simples. Il est important que les élèves participent à leurs élaborations, afin de se sentir davantage tenus de les respecter. Les règles de vie décidées par la classe figureraient ensuite sur un tableau d’affichage ou tout autre endroit bien en vue.
Dan Olweus propose trois règles qui pourraient constituer un bon départ:
• Je ne dois pas agresser les autres élèves.
• Je dois essayer de venir en aide aux élèves agressés.
• Je dois m’efforcer de faire participer les élèves qui sont
souvent exclus.
Il propose encore de nombreuses solutions comme des entretiens de classe. Laisser une heure appelée «l’heure social» pour discuter des problèmes, clarifier les règles de vie antiviolence de la classe, et le choix des sanctions à appliquer en cas de violation de ces règles. Il est primordial que les élèves participent à cette discussion. Les sanctions adoptées doivent être facile à appliquer et causer un désagrément sans être hostiles.

D’où la nécessité, pour l’enseignant, de dire avec des mots clairs à quel comportement il est entrain de réagir. Car en effet, les études et les expériences montrent que les élèves agressifs ne sont pas toujours conscients de l’étendue des dégâts et des souffrances causées par leur comportement.

Parmi les sanctions envisageables: entretien en tête à tête avec l’élève ou contacter ses parents pour les informer de la situation et essayer de s’assurer de leur coopération en vue de modifier le comportement de l’élève.
L’entretien avec la victime peut être aussi efficace. En effet, la victime type est un élève angoissé et souffrant d’un manque de
confiance, et qui en général veut éviter d’attirer l’attention. Il craint de causer des «ennuis» à ses tortionnaires en révélant leurs activités aux adultes.

Bien souvent, il a été menacé de représailles s’il s’avisait de rapporter. Il ne fait pas de doute que sous de telles menaces, de nombreuses victimes décident de souffrir en silence. Il n’est pas rare que, pour les mêmes raisons, les victimes insistent fortement auprès de leurs parents afin que ces derniers ne contactent pas l’établissement.

Pensant agir dans l’intérêt de leur enfant, les parents sont nombreux à se plier à ses souhaits. Or, une telle décision peut en réalité nuire gravement à l’enfant victimisés. Il est impératif de tout mettre en œuvre afin d’offrir la victime une protection contre le harcèlement. Il est souvent préférable que l’enseignant ou les parents obtiennent le consentement de l’enfant victimisé avant d’agir.

Au cas où la victime refuse absolument de suivre les conseils des adultes, ces derniers doivent se décider à débrouiller la situation, éventuellement en dépit des protestations de la victime. Nous pensons que c’est une situation délicate et qui pourrait mal tourner. C’est pourquoi si une telle situation arrive, la victime et sa famille doivent immédiatement rechercher de l’aide de professionnels.

Ce que Dan Olweus propose alors en dernier lieu, si le problème persiste malgré les tentatives répétées d’y mettre fin, la solution d’un changement de classe ou d’établissement peut être envisagée. Les propos suivants sont extraits de l’entretien que nous avons eu avec l’enseignante et nous avons jugé bon de les inclurent dans cette troisième partie et non dans la partie entretiens car ils proposent de bonnes solutions.

3.2. Les moyens les plus fréquemment évoqués par les professionnels

Dans certaines écoles, des enseignants suivent l’enfant au moyen d’entretiens pour le soutenir et l’aider à progresser. Ils dialoguent avec lui au sujet de ses comportements, de ses relations, fait des jeux de rôle, l’aide à mieux s’exprimer, etc.

Certains même, vont encourager l’enfant à changer. L’éducateur va reprendre des faits observés chez l’enfant bouc émissaire, pour le rendre attentif à ses comportements et à ce que cela provoque chez ses camarades. La prise en charge individuelle est un moyen qui peut aider l’enfant à évoluer, mais cette méthode peut aussi le démarquer de ces camarades.

D’autres professionnels cherchent à valoriser l’enfant lorsqu’il fait des progrès ou qu’il se comporte mieux. Certains vont le stimuler à faire différentes activités pour qu’il puisse développer sa potentialité et acquérir de l’assurance. C’est en repérant les capacités de l’enfant que les enseignants peuvent porter un regard positif sur lui.

En lui faisant des remarques valorisantes, cela peut rassurer l’enfant, l’encourager à faire des progrès et à l’aider à reprendre confiance en lui donc à prendre une place dans le groupe.
D’autres démarches peuvent être prise en compte tel que de proposer à l’enfant un suivi psychologique, ou alors, que l’enseignant observe avant d’agir, ce qui consiste d’abord à chercher à comprendre pourquoi cet enfant se trouvait impliqué dans un conflit avant d’intervenir.

Soit encore certains professionnels préfère laisser l’enfant se débrouille tout seul, qu’il arrive à devenir plus autonome et qu’il apprenne à gérer les situations avec ses camarades par lui-même. La place de l’enseignant serait de le guider pour qu’il puisse progresser, donner des conseils, faire des suggestions, l’inciter à se défendre seul, l’intégrer dans les jeux d’enfants, l’aider à mieux s’exprimer.

Les préventions/solutions que proposent Olweus sont plutôt ciblées sur l’école tandis que celles citées plus haut se focalisent plus sur l’élève lui-même.

4. Entretiens

Suite à la demande des personnes interrogées nous avons décidé de préserver leur anonymat, ceci dans le but de leur
éviter tout jugement.

4.1. Entretien avec une enseignante à l’école primaire

Pour cet entretien nous avons fait appel à une institutrice de l’école primaire qui enseigne à des enfants entre 8 et 12 ans. Elle va nous parler d’enfants qui n’ont pas les «bons outils de socialisation». Le terme «d’outils» va revenir souvent et c’est pourquoi il nous semble important de le définir dès maintenant; lorsque l’enseignante l’utilise c’est pour faire référence à la «bonne attitude» pour aller vers les autres et de se faire aimer de ceux-ci.

En 12 ans d’expérience elle n’a eu affaire qu’à deux cas de «boucs émissaire», mais elle affirme que, dans chaque classe, il y a toujours un élève décalé par rapport aux autres et c’est malheureusement celui qui est isolé ou rejeté. Elle nous explique que d’après elle, la raison de cette mise à l’écart vient du fait que l’enfant est différent dans son attitude, et dans son comportement.
Les enfants, a cette période de leur vie n’aiment pas la différence et donc celui qui est différent est mis à l’écart.
Nous l’avons questionné, tout d’abord, sur les caractéristiques de ces élèves isolés et cette dernière nous a répondu que la plupart du temps ce sont des enfants réservés, introvertis et qui n’ont pas les bonnes réactions pour ce faire aimer.

Elle complète son explication en nous disant que ces enfants sont marginaux dans leur comportement. Cette marginalité est due, soit à leur personnalité, soit à leur vécu familial. Lorsque nous lui avons demandé s’il y avait une conséquence direct
entre les notes Elle nous a répondu que ce n’était pas une constante absolue.

Elle a illustrer son propos avec l’exemple d’une élève, fille d’enseignante, qui était très intelligente mais malheureusement était «le mouton noir» de sa classe. Elle obtenait de bonnes notes mais étant une nouvelle élève elle n’a pas réussi à s’intégrer dans un groupe classe déjà très soudé.

Nous lui avons alors demandé si l’entrée dans une nouvelle école impliquait forcément un rejet par les autres élèves. Elle contesta en expliquant que les nouveaux élèves ne sont pas nécessairement exclu, mais l’intégration est d’autant plus difficile lorsque il existe un groupe classe déjà très soudé et d’avantage lorsque le nouvel élève n’est pas socialement adapté, comme dans le cas de cette petite fille.

Plus tard pendant l’entretien, l’institutrice nous a raconté l’histoire d’un enfant qui pendant 3 ans avait été exclu parce que
mentalement il n’était pas au même niveau que ses autres camarades. Il parlait encore de schtroumpfs alors que les autres élèves avaient déjà dépassé ce stade.

C’était un enfant maladroit dans son comportement. Il avait un frère autiste et cette situation familiale a sûrement joué un rôle dans sa situation. Cet enfant a beaucoup évolué en trois ans, il a su se faire intégrer en changeant son comportement et en ayant notamment changer ses centres d’intérêts pour rejoindre ceux de ses camarades.

Elle nous a également parlé d’un autre cas qu’elle a eu, celui d’une fille marginalisée qui n’avait pas d’amis car elle avait un comportement inadéquat. Elle a donc organisé un conseil de classe. L’élève a alors demandé à ses camarades de classe pourquoi ils ne l’acceptaient pas.

Ces derniers lui ont expliqué ce qui n’allait pas dans son comportement, elle a su se prendre en main et changer son attitude pour mieux se faire intégrée.
Les cas de «mouton noir»: Comme nous l’avons dit précédemment, cette institutrice a eu affaire à deux cas de «bouc émissaire».

Le 1er cas dont elle nous a parlé, concerne une élève de 6ème primaire, que les autres élèves harcelaient en lui piquant ses affaires et en la tapant.
Toute la classe était contre elle. Une des raisons de ce phénomène, se trouvait être sa tenue vestimentaire. En effet cette fillette s’habillait comme une «poupée» alors que ses camarades avaient un style de vêtement plus classique. Son attitude plus enfantine que les autres élèves, jouait également un rôle dans sa situation car elle était en retard par rapport à eux et ses réactions fortes « encourageaient » presque les persécuteurs.

Cette élève désirait changer mais elle ne savait pas comment. Pour réussir à s’intégrer il aurait fallu qu’elle change d’attitude, qu’elle se mette dans la norme, qu’elle apprenne à modifier ses réactions, ce qu’elle n’est pas parvenue à faire. Le 2eme cas qui a été évoqué parlait d’un élève de 6ème primaire qui avait développé un comportement de victime.
Il l’avait probablement développé à la maison pour obtenir ce qu’il voulait et ceci ne devait pas poser de problème chez lui. Il a transposé ce comportement à l’école et cela a entraîné des problèmes car les autres élèves ne pouvaient pas accepter un tel comportement car cette attitude les énervait. Cet enfant se posait tout le temps en victime ce qui a entraîné une peur des autres.

Il interprétait tout comme des agressions
et se sentait toujours persécuté «c’est toujours moi». De là est né des réactions agressives. Les enseignants ont proposé comme solution un suivi psychologique.

Pour clarifier les choses, l’enseignante nous a expliqué que dans un groupe classe il y a des agresseurs potentiels qui vont alors devenir agresseurs que si les victimes se pose en victime, ils en profitent car ce sont des proies faciles, ils se serviront des complexes de ces dernières pour la toucher mais ça ne sera pas la raison première de ces attaques. Pour ne pas être une victime il faut sortir du rôle de victime.

Quand dans un groupe classe on a un ou deux élève qui aime bien attaquer, les victimes sont en mauvaise position parce qu’elles seront repérées alors que dans d’autres classes elles auraient passé plus ou moins inaperçues car aucun élève n’aurait eu des tendances à attaquer.

En ce qui concerne les enseignants, ils remarquent tout de suite lorsqu’il y a des problèmes, peut-être certains ne réagiront pas mais en tout cas les victimes se voient. Pour elle les meilleures façons d’améliorer les choses sont d’organiser des conseils de classe, dans certains cas il faut également effectuer un travail auprès des parents, ou avec un psychologue.

Les résultats/effets se voient généralement au bout de 6 mois.
Tout se négocie, il faut d’abord en parler avec la victime qui est souvent d’accord pour le conseil de classe et ensuite avec le reste de la classe. Les enseignants ne peuvent pas imposer le changement, pour que ça marche tout le monde doit mettre du sien.
Lors des conseils de classe le langage non- agressif fonctionne très bien (exemple: je me sens seul, etc.) Il se peut que des élèves bien intégrés se fassent exclure durant une certaine période, l’enseignante nous a évoqué le cas d’une fille de 6ème primaire, très bien intégrée et qui d’un jour à l’autre a été exclue par toutes les filles.

L’exclusion venait du fait qu’elle avait mis un soutien-gorge. Les filles étaient jalouses car c’était la 1ère à en porter un. Cette exclusion l a rendu malade.
Les autres filles l’ont exclue parce qu’elles n’aimaient pas la différence mais en réalité elles étaient surtout jalouses. Elle est devenu agressive car quand on souffre on devient agressif. Pour améliorer la situation, l’enseignante a organisé des conseils de classe pour en parler et l’élève a réussi à se réintégrer mais si cette méthode a bien fonctionné pour elle c’est parce qu’elle avait déjà les outils pour y parvenir.
Ce sont les enseignants qui interviennent si souvent, parce qu’ils sont neutres. Si les enfants en parle à leurs parents, les parents évaluent généralement mal ou pas la situation, ils ont de mauvaises réactions .car ils préfèrent ne pas voir les problèmes.
Pour les parents il est dur d’accepter que son enfant soit hors norme, car quelque part ils se sentent coupables.

En ce qui concerne le rapport entre la violence et la taille de l’établissement, pour l’enseignante interviewé il n y a pas de lien, en tout cas à Genève mais elle pense que ça peut dépendre des quartiers suivant la provenance des élèves. Elle a eu à faire une fois à une élève qui venait d’un pays en guerre, lorsqu’elle s’approchait d’elle, elle se protégeait de peur d’être frappée car son ancienne enseignante le faisait.

Les quartiers qui accueillent les enfants en provenance de pays en guerre seront plus exposés à la violence car la violence est leur quotidien. D’après elle les deux facteurs les plus importants qui caractérisent les victimes sont
«LA DIFFERENCE ET LE MANQUE DE CONFIANCE EN EUX»