N°4-VICTIMISATION DE L ENFANT A L’ECOLE PRIMAIRE

  Suite Auteur : Sonia Fischer,Vanessa Bollier 406,402
Travail de maturité 2005, Collège Calvin Maître responsable:
François Lombard
1.12. Force et faiblesse physiques (même source)Parmi les garçons, la force ou la faiblesse physique joue un rôle
important dans le domaine des violences. L’étude à révéler que le lien était plutôt mince entre force physique et agression: un assez grand nombre de garçons forts s’avèrent non agressifs. Par contre, l’association d’un mode de réaction agressif et d’une forte constitution physique caractérise souvent les agresseurs, en revanche, les victimes sont caractérisées par un mode de réaction passif et d’une faible constitution physique.
La force physique est déterminante pour la côte de popularité d’un garçon. La force physique fonctionne donc comme une bonne protection contre la victimisation. (Résultats valable pour les garçons).
1.13. Quelles conditions d’éducation engendrent des enfants
agressifs?Quelle sorte d’éducation ou autres conditions durant l’enfance
contribuent au développement d’un mode de réaction agressif?
Dan Olweus a trouvé quatre facteurs importants:
Le premier facteur est l’attitude émotionnelle fondamentale des
parents. Une attitude négative caractérisée par un manque de tendresse et d’implication augmente le risque que l’enfant soit plus tard agressif et hostile envers autrui.Le second facteur est l’éventuel laxisme du responsable de l’enfant en cas de comportement agressif de celui-ci. En effet si ce responsable n’impose aucunes limites précises, le niveau d’agressivité de l’enfant ne peut qu’augmenter. Ce manque d’amour et cet excès de «liberté» au cours de l’enfance contribuent fortement au développement d’un mode de réaction agressif.
Le troisième facteur est le recours qu’ont les parents à des méthodes d’éducation répressives comme les châtiments corporels et les crises émotionnelles violentes. Il est important d’imposer des limites précises, sans avoir recours aux châtiments corporels ou d’autres méthodes choquantes pour l’enfant. Le dernier facteur est le tempérament de l’enfant, si ce dernier est
actif et impétueux il risque davantage de devenir agressif qu’un enfant qui est ordinaire ou calme. Ce facteur à moins d’impact que les trois premiers.
Ces facteurs ne sont que des tendances ils ne se révèlent pas exacts dans tout les cas, mais ils semblent s’appliquer tant aux garçons qu’aux filles.2. La dynamique des groupes

Nous avons vu dans les chapitres précédents que la victimisation se rapportait à un élève, mais celui-ci n’est pas un individu isolé, il fait partie d’un groupe-classe. C’est pourquoi il nous est paru important de parler de la dynamique des groupes. Le livre de Bany & Johnson nous a beaucoup aidé à comprendre ce phénomène du groupe-classe.

Pour comprendre la dynamique des groupes il est important de savoir «que le groupe lui-même a un comportement et des caractéristiques qui lui sont propres, et que, lorsque des individus forment un groupe, il apparaît de nouvelles caractéristiques, de nouvelles actions et de nouvelles façons de se conduire que l’on n’observe pas chez les individus seuls. »

En résumé un individu adopte des comportements différents lorsqu’il est seul, ou lorsqu’il est en groupe. Nous pouvons
alors créer un lien entre cette façon d’agir et le fait que des «boucs émissaire» apparaissent dans les classes. Cet individu sera persécuté par toute une classe, uniquement à cause de l’influence de certain élève, probablement plus populaire.

2.1. Définition de groupe

Selon Bany & Johnson « on peut décrire un groupe de bien des
façons, mais il n’existe pas de définition unique et précise qui
délimite en quelques mots adéquats le concept de petit groupe.
» En bref, on peut dire qu’ « un groupe existe lorsque deux personnes ou plus sont conscientes les unes des autres, et lorsque leurs interrelations sont importantes ». Stodgill complète en disant : « que le système (ou groupe) est déterminé uniquement par les actions des membres, et que l’identité du groupe dépend des interactions qui se produisent plutôt que de la présence d’un membre particulier. »

2.2. Mais qu’est-ce que l’interaction?

«Ce terme désigne les relations existant entre deux personnes ou
plus, lorsque les actions de chacune affectent celles de l’autre»

2.3. Analyse de l’interaction

«Le comportement d’un groupe est déterminé en grande partie par les types de communication qui s’établissent et par la nature de la structure qui apparaît du fait de l’interaction»
Selon Stodgill, Les interactions entre les individus d’un groupe vont engendrer la conformité car si l’on comprend bien son point de vue ce n’est pas l’individu seul qui est important dans un groupe mais tous les membres qui le constitue.

Cette conformité s’illustre pas le fait que tout un groupe va avoir les mêmes opinions sur certaines choses. Pour donner un exemple, si une personne «leader» décidera qu’elle n’aime pas une personne pour une raison quelconque, toute la classe suivra les opinions de cette personne. Par peur d’être la prochaine «victime » les élèves
suivront le «mouvement» de la classe. Bany & Johnson expliqueront ce phénomène en écrivant: «Le processus d’identification favorise aussi la conformité. Cette pression subtile provient du désir qu’ont les enfants de faire partie d’une classe ou d’être identifiés à elle.
On peut donc définir l’identification comme la fusion psychologique du moi avec une
autre personne ou un groupe. C’est ce qui pousse quelqu’un à penser, sentir et agir comme il perçoit ou croit que pense, sent et agit le groupe ou la personne a laquelle il s’identifie. Ainsi un enfant désireux d’être accepté par ses camarades de classe adoptera-t-il le comportement que, selon lui, le groupe désir de sa part, même si certains de ces comportement lui font encourir le mécontentement de ses parents ou de ses enseignants.
À cette même influence peut être attribué le besoin de former des groupes, cliques ou «gangs».»
D’après ce raisonnement, nous sommes poussées à croire que ce phénomène de groupes et les influences qui en découlent ne sont pas anodine à la formation de clans et le rejet de certaines personnes qui ne sont pas «admises» dans ces «clans».
Car lorsque des enfants se retrouvent ensemble dans une classe pour la première fois, la situation comporte de l’appréhension.
Chacun recherche alors une position et explore les limites des
comportements possibles.
Certains mettent à l’épreuve l’autorité et la méthode de l’enseignant, et pendant ce temps, les élèves s’évaluent entre eux, de même qu’ils évaluent le professeur. A cause de la taille d’une classe, il se crée des sous-groupes, ou des petits groupes amicaux.
Ainsi, à l’intérieur de la classe, il peut exister beaucoup de cliques ou sous-groupes. Souvent dans un groupe, on peut voir une personne qui va se distinguer peu à peu du groupe, c’est souvent la personne qui a le plus fort caractère, c’est elle qui «mènera» le groupe. Et tous les autres individus vont se plier peu à peu aux
volontés de «l’enfant leader».
Car de par sa position, l’enfant leader a un rôle important dans la dynamique du groupe. C’est un enfant qui, par sa manière d’être et ses attitudes, a de l’influence sur ses camarades.
Comme il est souvent suivi et apprécié par la majorité des enfants, il est, en quelque sorte, leur modèle. Parfois, il peut aussi bien entraîner les enfants dans des comportements positifs tels que la solidarité, création de nouveau jeux, ou négatifs tels que le rejet de l’un d’entre eux.

C’est ainsi que certains enfants «peuvent en arriver à soutenir des opinions ou avoir un comportement qu’ils n’acceptent pas «en privé». Ils se rangent en fait à ce qu’ils croient être l’opinion de la majorité ou des membres les plus influents, ou encore de ceux auxquels ils désirent le plus ressembler.».

Les enfants à l’école primaires sont encore trop jeunes pour avoir une identité qui leur est propre et des caractères formés et définis. C’est pourquoi ils ont ce besoin de vouloir ressembler à un groupe et de trouver leurs identité aux près d’autres personnes. Ceci est peut être significatif du stade de la vie car à ce stade on se cherche et c’est à ce moment que l’on a besoin de se rassurer, de savoir que l’on est pas seul, donc il est important
de se sentir accepté dans un groupe.

«L’individu qui désire fortement s’identifier à la classe se trouve
alors menacer d’ostracisme s’il ne se conforme pas; la peur de la non acceptation le pousse à la conformité, même si, en fait, le groupe ne le menaçait pas vraiment».

2.4. La composition du groupe

Il y a plusieurs compositions, par exemple la séparation des filles
et des garçons. «Au cours des années passées à l’école primaire, il se produit une séparation entre les sexes. Les enfants de sexe opposé s’écartent les uns des autres; ils expriment parfois verbalement leur mépris pour l’autre groupe (en particulier les garçons qui deviennent très méprisants à l’égard des filles). Pendant quelques années, ils ont alors peu de choses en commun.»

Il y a aussi l’origine ethnique. «L’origine ethnique influence beaucoup sur l’interaction. Les différences races, religion, nationalité, langue et culture peuvent créer des cliques ou sous-groupes qui altèrent l’harmonie du groupe et la réalisation de ses buts. De façon générale, si quelques élèves ont une origine ethnique minoritaire alors que la majorité appartient à un
groupes racial, national ou religieux prédominant, le comportement
interactif des membres s’en ressent. Il peut en résulter une structure nettement stratifiée, de même que des conflits entre les sous-groupes.»

2.5. Définition du groupe-classe

Un groupe-classe sera défini « comme plusieurs personnes en état
d’interaction sociale. Il ne s agit pas d un nombre d individus
comparables à ceux qui sont énumérés sur un registre scolaire mais, bien au contraire, d’une association de personnes plus ou moins interactives. ».
« Un des groupes les plus importants dans la vie d’un enfant est bien la classe, car si elle remplit les besoins naissants de l’enfant, celui-ci devient un élève actif, satisfait, qui participe. Si au contraire, ses besoins ne sont pas satisfaits dans une
large mesure par la classe et ses activités, alors il apprend bien peu de choses. »
Analyser le groupe-classe nous permettra de mieux comprendre les relations entre ses membres et voir les influences qu’il peut avoir sur un enfant, tel que nous l’avons fait remarquer
précédemment, un enfant meneur a de l’influence sur ses camarades et si ce dernier a une «mauvaise» influence et entraîne la classe à rejeter un élève, cette dernière le fera sans vraiment se poser de question.