N°4-ÉDUCATION PRÉCOCE POURQUOI ET POUR QUI ?

L’action manipulatrice sur les objets et les matériels est le moyen fondamental pour l’apprentissage du concept et le développement des capacités linguistiques et cognitives. Il faut donc être extrêmement vigilants sur tout ce qui se dira ou se fera pendant la séance, pour être le plus efficace possible.
Une fois que l’enfant est bien attentif et disposé on commence le travail. Il est important de faire simultanément des stimulations visuelles et auditives. Il faut maintenir la communication orale avec l’enfant pour garder son attention et pour qu’il apprenne plus et mieux sur ce qu’il voit et sur ce qu’il fait. Il comprendra les concepts à travers les actions propres et des autres. Les mots que nous utiliserons pour les désigner augmenteront ses capacités cognitives et linguistiques.Le langage de l’éducateur doit être clair, concis, ferme et précis avec une bonne intonation mais sans crier. Il faut faire très attention au choix des termes pour que l’information orale que l’enfant reçoit soit le plus exact possible et ne le pousse pas à l’erreur. Il faut éviter que l’adulte soit un spectateur silencieux face à l’enfant isolé dans sa tache de manipulation. L’adulte doit intervenir oralement, sans faire de phrases trop longues, pour informer, aider, encourager, corriger, attirer l’attention…

Dans la mesure du possible on donnera le choix à l’enfant sur la tache qu’il préfère réaliser. Lorsque l’enfant s’engage dans une tache ou sur une façon de travailler, il entretiendra plus facilement son attention et nous pourrons l’aider à être plus responsable dans ses décisions. Il est clair que c’est l’adulte qui doit avoir un but clair sur les objectifs de la séance, mais ces objectifs peuvent être atteints de différentes façons, avec des matériels différents et un changement dans l’ordre des activités est sans importance. La flexibilité contrôlée permettra de profiter mieux du temps. Imposer à l’enfant une tache qu’il ne souhaite pas faire est voué à l’échec.

Le « truc » est de réussir à ce que l’enfant veuille faire ce que l’adulte considère qu’il doit faire.
Lorsqu’on lui propose le matériel et on lui explique le travail, il faut continuer à aider l’enfant à fixer son attention. Il doit la diriger vers l’objet qu’on lui présente. S’il le faut, il faudra l’aider dans son travail d’attention. S’il s’agit d’un poster, il faut vérifier qu’il réalise un déplacement visuel complet. Il doit acquérir l’habitude de regarder de gauche à droite et de haut en bas, non seulement pour regarder tous les dessins et couleurs, mais aussi pour s’habituer au mouvement des yeux nécessaire pour notre système de lecture et écriture.

Si on lui propose plusieurs petits objets, il faut les disposer de façon à ce qu’il puisse les regarder tous avant de passer à l’action. On lui demandera « tu les as tous vus ? ». Si l’aide verbale est suffisante on ne l’aidera pas physiquement. Il faut faire attention à ne pas donner des pistes inutiles qui empêchent l’enfant à réfléchir par lui même. Il est fréquent par exemple, que l’adulte regarde, sans s’en rendre compte, l’endroit ou se trouve la solution. L’enfant apprend vite à suivre ce regard.

L’adulte montrera du doigt l’endroit ou l’enfant doit regarder, ou même, il lui orientera la tête dans la direction où il doit diriger son regard, seulement en cas de besoin.

Certains enfants ont besoin de beaucoup d’entraînement, alors que d’autres acquièrent ces facultés en seulement quelques séances.