N°3-ÉDUCATION PRÉCOCE

-L’éducation de l’attention
Pendant les premiers mois de la vie il est important de travailler l’attention visuelle, dans l’objectif de réussir le plus tôt possible un bon contact oculaire et une poursuite oculaire adéquate. De façon simultanée il faut travailler l’attention auditive – plus développé au moment de la naissance – en utilisant différents stimulations sonores : hochets, musique classique, clochettes…
Les meilleures stimulations sont le visage et la voix humaine, de préférence ceux de la mère. Les yeux, les mouvements du visage qui intéressent tant les enfants, les sons variés que la voix humaine peut émettre, voix, chansons, préparent l’enfant mieux que n’importe quel autre son à porter son attention vers la personne et sur les consignes et ordres verbales dont il aura si besoin après. En plus, elle est une aide importante pour l’établissement des liens affectifs.

Très tôt, l’objectif à atteindre sera de faire réagir l’enfant et de le rendre attentif lorsqu’on l’appelle par son prénom. Nous saurons que l’enfant est attentif s’il interrompt son activité, en tournant la tête vers la source de l’appel. C’est à ce moment, lorsque l’enfant regarde, attend et fixe son attention qu’on peut lui donner une consigne, une information ou lui montrer et lui donner un objet.
Il faut chercher progressivement à attirer leur attention et à la maintenir pendant des périodes de plus en plus longues. Il apprendra déjà à fixer et à maintenir son attention sur la personne qui s’adresse à lui pour ensuite développer la capacité de fixer de façon alternative la personne et l’objet qu’elle lui montre pour exécuter l’action qu’elle lui demande. (La maman s’approche de son bébé, l’appelle par son prénom. Le bébé tourne la tête en direction de sa mère et sourit. Sa maman lui tend un objet et lui dit « prends ». Le bébé détourne l’attention de sa mère pour la porter sur l’objet. Il répond à l’ordre donné en prenant l’objet et retourne à nouveau son attention sur sa mère.

-Instruments pour le développement de l’attention
Le cerveau élabore et associe avec une certaine lenteur l’information sensorielle et il leur manque la synchronisation de la réponse motrice. Le problème n’est pas le manque de compréhension, de connaissances, mais la lenteur de la réponse. Si l’enfant travaille avec du matériel manipulable on peut éviter ou corriger les erreurs facilement.

S’il travaille avec du papier et un stylo, l’erreur restera concrétisée sur le papier. Il faut l’éviter, non seulement pour que l’enfant n’ait pas la sensation d’échec, mais aussi pour qu’il perçoive la réponse correcte.

Une stratégie simple consiste à tenir les mains de l’enfant pour éviter l’action pendant qu’il reçoit l’ordre, pour lui donner le temps de réflexion et qu’il puisse choisir la réponse correcte. Si malgré ces quelques secondes de réflexion, l’enfant s’adresse à l’objet ou la stimulation qui ne sont pas les bons, l’adulte peut couvrir l’objet avec une main, pour que l’enfant ait une nouvelle opportunité de répondre vrai. S’il est en train de travailler avec du papier on demandera à l’enfant de montrer avec le doigt avant de lui donner le stylo. Une fois que la réponse sera la correcte, on donnera à l’enfant le stylo.