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Les interdits alimentaires

Le ketchup

Contrairement aux desserts sucrés et aux aliments riches en gras, le ketchup est utilisé plus souvent qu’à son tour lors des repas afin de faciliter la consommation des petits mangeurs.

Composé de tomates, de vinaigre, de sucre, de sel, et de quelques épices, le ketchup est utilisé depuis longtemps comme stratégies de camouflage pour les aliments moins appréciés. Ce condiment peu nutritif ne fait pas partie des quatre groupes alimentaires. Il peut donc être utilisé de temps en temps, mais en quantité raisonnable.

En tant que condiment, le ketchup doit être utilisé afin de relever le goût naturel des aliments et stimuler l’appétit. Il ne doit pas camoufler la saveur des mets, ce qui risquerait de limiter le développement des goûts de l’enfant et pourrait avoir des répercussions sur son alimentation une fois adulte. Il est donc important d’habituer l’enfant aux différentes saveurs et d’éviter la monotonie que pourrait entraîner une consommation fréquente de ketchup. Alternez l’utilisation de ketchup avec d’autres sauces d’accompagnement afin de varier les saveurs, telles la sauce aux pêches ou la sauce tzatziki.

Les aliments destinés aux enfants

Sur les tablettes à l’épicerie, on retrouve de nombreux produits destinés aux enfants. Les compagnies alimentaires ont en effet développé plusieurs produits attrayants pour les enfants grâce à des formes et des couleurs amusantes. Ces produits sont malheureusement souvent moins nutritifs que la version «pour adulte».

Le marketing alimentaire effectué par ces compagnies incite les consommateurs à penser que les enfants ne peuvent pas consommer les mêmes produits que les adultes. Il est toutefois faux de croire que les enfants ne peuvent consommer les mêmes aliments que les adultes sous prétexte qu’ils ne les apprécieront pas.

Les goûts des enfants, tout comme ceux des adultes, se développent avec le temps. Il est donc important d’exposer les petits mangeurs à de multiples saveurs et aliments différents. Montrer le bon exemple à table et répéter l’exposition des aliments moins appréciés demeurent la meilleure stratégie pour faire apprécier une grande diversité d’aliments aux enfants (consultez la fiche sur la néophobie).

Et l’obésité dans tout ça?

Plusieurs études ont associé la consommation d’aliments riches en gras et en sucres ajoutés à une augmentation de la prévalence d’obésité. Cependant, lors de la petite enfance, les petits mangeurs ont des besoins énergétiques très élevés, mais un appétit limité en raison de leur petit estomac. Il n’est donc pas approprié de restreindre la consommation d’aliments riches en gras et en sucre des jeunes enfants sous prétexte qu’ils sont plus caloriques. Il est d’ailleurs recommandé d’offrir du lait entier (3,25 % M.G.) aux enfants d’âge préscolaire jusqu’à l’âge de deux ans afin de satisfaire plus facilement leurs besoins.

Le marché alimentaire nous offre une gamme de plus en plus vaste de produits allégés ou faits à partir d’édulcorants intenses (tels le sucralose, l’aspartame ou l’acésulfame-potassium). Ces produits ont l’avantage de renfermer très peu de calories et permettent de combler les besoins d’une clientèle soucieuse de son poids.

Toutefois, les aliments réduits en calories ne sont pas appropriés pour l’alimentation d’enfants en pleine croissance. La consommation de ces produits risque davantage de nuire à la santé des petits mangeurs qui n’obtiendront pas tous les nutriments nécessaires à leur développement. De plus, les édulcorants intenses habituent les consommateurs au goût sucré et stimulent l’attrait pour celui-ci. Privilégiez donc les sucres naturels à ces substituts.

Quelques précautions

Lorsque vous offrez des aliments occasionnels :

  • Portez une attention spéciale à la grosseur des portions des « gâteries », car bien qu’ils soient servis occasionnellement, cela ne veut pas dire qu’il faut en consommer de grande quantité!
  • Optez pour des produits moins riches en sel, lorsque possible. Les aliments occasionnels sont souvent très salés et une consommation élevée en sodium est néfaste pour la santé tant chez les enfants que chez les adultes.
  • Privilégiez les desserts faits maison afin de contrôler la quantité et la qualité des sucres et des matières grasses.
  • Ne jamais utiliser les friandises à titre de récompense ou pour faire du chantage (ex : finis ton assiette ou tu n’auras pas de dessert), sans quoi l’attrait pour ce produit ne sera qu’accentué.
  • Lorsque vous servez des aliments occasionnels, complétez le repas d’aliments nutritifs pour combler les besoins des petits mangeurs.
  • Dédramatisez la consommation de gâteries et évitez de les placer sur un piédestal. L’enfant pourra ainsi goûter aux friandises et les apprécier sans y porter tout son intérêt.
  • Tous les aliments ont leur place dans une alimentation saine et équilibrée. Permettez-vous donc quelques gâteries!
Références
  • Côté, Stéphanie. Un enfant sain dans un corps sain, 2008.
  • Service vie. Des friandises pour les enfants: oui ou non? Consulté le 3 mars 2010.
  • Larousse gastronomique, Édition 2001.

Par Mylène Duplessis Brochu, nutritionniste

Cet article provient du site Nospetitsmageurs.org.

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Une saine alimentation permettant de couvrir les besoins nutritionnels pendant la petite enfance est essentielle pour un développement adéquat et une croissance optimale. En plus de procurer des bénéfices pour la santé, une alimentation saine profite également aux cinq sens. Plaisir et santé sont conviés à la même table! Découvrez Nospetitsmangeurs.org pour des renseignements, des recettes et des idées sur l’alimentation de nos petits mangeurs.