Les déchets posent problème

Les déchets posent un énorme problème au Maroc. On trouve des amas de détritus en pleine ville, des décharges sauvages, des sacs plastiques agglomérés en bord de route, dispersées dans les champs, pris dans les branchages des arbres. Contradictoirement avec le grand soucis qu’ont les Marocains de la propreté de leur domicile dans un pays où la poussière s’infiltre partout, les gens jettent systématiquement dans la rue ce dont ils ne veulent plus. Le concept de civisme est encore flou et l’augmentation de la population urbaine suite à la croissance démographique et à l’exode rural a entraîné une individualisation croissante.


On ne se sent pas responsable de l’extérieur. Chacun déplore la saleté des villes et la marée de sacs plastiques dans les campagnes, mais y participe !

Si d’un côté les gens jettent, de l’autre, les services municipaux ne ramassent pas suffisamment. Au Maroc, la gestion des déchets est sous la responsabilité directe des communes
Les eaux usées sont très polluantes dans la mesure où on y trouve de tout :des détergents, des urées, des bactéries… Rejetées dans une rivière, elles peuvent entraîner son eutrophisation, phénomène d’enrichissement enmatières organiques ou en substances nutritives (nitrates des urées, phosphates des lessives…) qui entraîne de graves perturbations dans les écosystèmes aquatiques. La matière végétale se produit en grande quantité en même temps que le taux d’oxygène dissous chute et les poissons meurent par étouffement. Les espèces sensibles disparaissent et la flore et de la faune se banalisent.
Où se rendent les camions-bennes qui ramassent néanmoins une partie des déchets ? Soucieuse de vérifier mes informations sans craindre de payer de ma personne, je les suis pour découvrir la décharge publique

C’est une décharge sauvage, par opposition à contrôlée, qui est en utilisée depuis les années 1950, alors que la population de la ville était bien moindre. Elle s’éparpille aujourd’hui sur un terrain de 40 ha. Situé en plein périmètre urbain. Le spectacle de cet horizon de détritus laisse rêveur et est, paraît-il, édifiant les jours de grand vent : les plastiques dansent dans l’air et pleuvent sur la ville.

J’y rencontre… un troupeau de moutons. Leur propriétaire n’hésite pas à faire paître les bêtes dans la décharge : la nourriture y est abondante et variée (à noter que la décharge de Berkane recueille aussi les déchets de l’hôpital) ! Certains achètent ainsi des contenus de benne à ordures pour nourrir leur bétail (entre 15 et 20 dirhams (1,5 et 2 euros)). On imagine sans peine les répercussions sur la santé du consommateur de viande : ingestion de métaux lourds, etc.
Les causes de pollutions et de dangers d’une décharge non contrôlée sont multiples :

– pollution de la nappe phréatique (eaux souterraines) par infiltration des lixiviations, les eaux de pluies qui ont traversé les déchets et se sont chargées bactériologiquement et chimiquement de substances minérales et organiques ;

– pollution de l’oued (cours d’eau) voisin dans lequel les détritus sont portés par le vent ;
risques d’infection, de coupure, de toxicité, d’allergies, d’incendie, d’explosion… pour les enfants et chiffonniers qui fréquentent la décharge ;
danger d’étouffement et d’ingestion de produits chimiques par les animaux.
– pollution olfactive et visuelle pour les riverains
Heureusement, un centre d’enfouissement technique (ou décharge contrôlée) est en voie de réalisation et sera opérationnel dans quelques mois. Il n’y en a qu’un autre dans tout le Maroc. Outre la fin des inconvénients susmentionnés, le centre pourra donner une nouvelle vie aux déchets convenablement triés. Les matériaux peuvent être recyclés, c’est-à-dire réintroduit dans leur propre cycle de production. Les déchets organiques, par leur fermentation, sont une source d’une énergie : le biogaz.
Comment ça marche, une décharge ? (Maroc)

octobre 2002

Le Centre d’Enfouissement Technique est un type de décharge contrôlée de type traditionnel, utilisé dans les zones à faible pluviométrie et pour une quantité de déchets inférieure à 50.000 tonnes par an.

C’est le cas à Berkane, au Maroc, où je suis. Suivez le guide !

Le choix du site est déterminé selon la nature du sol, la direction des vents, et la situation par rapport aux communes concernées. Le procédé consiste à étaler et enfouir les ordures inertes.

On commence par trier les déchets pour isoler les matériaux qui peuvent faire l’objet d’un recyclage, c’est-à-dire la réintroduction dans leur propre cycle de production. Idéalement, seuls les déchets ultimes, c’est à dire qui ne sont plus traitables dans les conditions techniques et économiques du moment, seront enfouis.

Ils doivent d’abord être rendus inertes. Pour cela on les place dans une zone de maturation où on les laisse fermenter à loisir.

Le phénomène de fermentation de nature aérobie dure de 3 à 5 mois à l’air libre et entraîne le dégagement du biogaz. Celui-ci peut être récupéré comme source d’énergie.

Pour accélérer le processus de dégradation, on brasse régulièrement les ordures et on arrose pour maintenir une teneur en eau de l’ordre de 40 à 50 %.

Les déchets devenus inertes sont étalés dans un casier, une immense fosse isolée du sol par une géomembrane parfaitement étanche pour préserver la nappe phréatique.

Les géomembranes sont des feuilles en matière plastique (polyéthylène à haute densité ou chlorure de polyvinyle) de 1,5 mm environ qui ont un coefficient de perméabilité très faible.

On étale les déchets par couche de 100 cm (on dératise régulièrement et on met sous filet pour dissuader les oiseaux) puis on les compacte avant de les recouvrir d’une couche de sable de 30 à 30 cm.

Et ainsi de suite comme une pâte feuilletée.

Un réseaux de drainage recueille les lixiviats, eaux de pluies qui ont traversé les déchets et qui se sont chargées bactériologiquement et chimiquement de substances minérales et organiques, qui sont conduits dans un bassin d’accumulation à fin d’évaporation. Des colonnes percées traversent la couche afin d’évacuer le biogaz éventuellement résiduel (gare aux explositions).

Les déchets organiques se transformeront par fermentation microbienne en compost, produit comparable à l’humus et aux propriétés fertilisantes.

Lorsque le casier est rempli, il est recouvert de terre et planté, et on en creuse un autre !

Trois sites à voir :
poubelle.org ou « quand j’achète un produit, j’achète ses déchets », explications

l’illustration du fonctionnement d’un Centre d’enfouissement technique
l’immondeparallele : jeu dans une décharge !
POURQUOI PAS COMMENCER COMME CECI???

Source
http://www.partiefaire1tour.net/article.php3?id_article=56