LE STADE DU MIROIR PAR PLUSIEURS PSYCHANALYSTES N°3

Le type de surface du miroir

Alors que pour Lacan le miroir est une surface plane réfléchissante, pour Dolto il est une surface psychique omniréfléchissante. C’est-à-dire que le miroir ce n’est pas que l’image scopique, mais peut tout aussi bien être la voix ou toute autre forme sensible.

Le type d’image pré-spéculaire

Alors que Lacan y voit une image morcelée du corps de l’enfant, Dolto parle de cohésion du corps autour des références olfactives et viscérales, qu’elle appelle narcissisme primordial. Pour Dolto, le sujet pré-spéculaire existe dès la conception, comme elle le développe dans son concept d’image inconsciente du corps (IIC). C’est pour cela que pour elle, certes le stade du miroir est un structurant symbolique, réel et imaginaire, mais il est surtout l’inscription définitive du sujet dans son corps biologique, une fin, et non un début.

La réaction affective de l’enfant face à son image

Pour Lacan l’enfant jubile, alors que Dolto affirme que l’enfant souffre de cette castration symboligène, passant de l’image inconsciente du corps, à l’assujettissement de celle-ci à l’image réfléchie.

La différence chez Mélanie Klein

Mélanie Klein se démarque également de Lacan sur plusieurs points:

Le regard de l’autre pour se reconnaître

J’ai besoin de l’autre pour me reconnaître, car c’est toute la relation que l’autre a avec lui-même qui va permettre à l’image de mon corps de s’exprimer ou pas ; c’est en ce sens que l’enfant peut s’avancer avec enthousiasme vers l’autre et à la suite d’une réflexion moqueuse de cet autre, être déçu ; en conséquence de ne plus vouloir se montrer sous le même jour à l’autre.

Être ou vouloir être

L’autre ou le sujet se voit en moi, dans ce qu’il n’est pas et désire être, c’est tout le processus du désir qui est en jeu6. Mais s’il désire être ce qu’il n’est pas, c’est parce qu’il ne l’est pas justement qu’il le désire. Il ne veut donc pas l’être, pas plus qu’il désire que l’autre le soit réellement. D’où le sens énigmatique de la phrase de Lacan dans sa réponse à M. Safouan dans son séminaire sur les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, à la fin du chapitre 8 : « Le sujet se présente comme autre qu’il n’est et ce qu’on lui donne à voir n’est pas ce qu’il veut voir. »

Là où je le vois …

Là où je vois le sujet c’est dans un regard imaginé par moi. Si par exemple je montre au sujet quelque chose que je ne devrais pas lui montrer parce que j’ignore que ça va heurter sa morale, alors le sujet en question va se mettre en colère. Ce que le sujet aura vu, c’est ce que je lui aurai montré, mais il ne pourra pas voir sa propre colère comme je la vois, bien qu’il ait ressenti toute sa colère après coup en lui. Sa colère est celle que j’imagine dans son regard.

Cette colère, je pourrais par exemple la voir dans un rêve, sous la forme de son corps à l’envers, soit l’image de son corps inversée. Selon l’expression « la colère l’a retourné » .

… c’est aussi là où je me vois

Or moi ce que je montre à l’autre, c’est ce que je désire montrer de moi mais que je ne peux pas encore exprimer autrement qu’en le montrant à cet autre moi-même qu’est l’autre : ce semblable que j’aperçois pour la circonstance en colère et sous la forme d’un corps à l’envers n’est autre que l’image de mon propre corps à l’envers, projetée sur lui et imaginée par moi.

Mais encore

Finalement, ce que l’autre veut voir en moi dépend de ce qu’il accepte ou refuse avec tous les degrés intermédiaires que cela comporte et de sa capacité à l’assumer, de voir comme un autre lui-même, en moi. Si le sujet ne veut pas voir ce que je lui donne à voir, c’est justement qu’il se représente autre qu’il n’est et sa façon de se représenter a largement à voir avec son Surmoi.

source http://fr.wikipedia.org