Le Moussem des fiançailles d’Imilchil du 30 août au 1er septembre

La localité d’Imilchil représente le symbole de la culture berbère de tous les Amazigh (toutes tribus confondues) et est connue par son festival, appelé officiellement festival des fiançailles, traditionnellement Souk Aam ou Agdoud N’Oulmghenni.

Cette manifestation revêt un caractère purement culturel où se mêlent le mythique, le mystique et l’artistique et ce grâce à la tribu des Aït Yaazza restée fidèle à la tradition du mariage collectif malgré la mutation au mariage individuel. Ce grand moussem(foire) représente un lieu de rencontre où se tissent davantage les liens inter-tribaux.

La combinaison du festival et du moussem génère une importante activité commerciale (notamment vente de bétail) et touristique qui donne un souffle à la région par l’afflux des touristes nationaux et européens mais il reste beaucoup à faire pour rendre ce festival plus significatif sur le plan culturel.

La participation des groupes folkloriques berbères :(Khénifra ; Midelt ; Errachidia ; Azrou ; etc.) confère au festival d’Imilchil une valeur ajoutée.

Son écho dépasse les frontières marocaines pour acquérir une renommée internationale à l’égal du festival de Woodstock. Sans optimisme la région d’Imilchil qui regroupe une vingtaine de bourgades réparties sur une aire géographique montagnarde d’environ 50 km2, où la vie est rude et difficile d’accès.

‘histoire légendaire du moussem est inspirée des évènements historiques authentiques des tribus berbères, en perpétuelles guerres inter-tribales. Aït Ibrahim et Aït Yaaza étaient les deux fractions de la tribu des Aït Hadiddou, en guerre l’une contre l’autre.

Selon la légende, une jeune fille Aït Yaaza aimait un beau Aït Ibrahim. Roméo et Juliette berbère du Haut-Atlas, ils connurent la même destinée tragique : mourir sans pouvoir s’aimer ni se marier. Cette déception des deux amoureux avait fait couler beaucoup de larmes, qui donnèrent naissance aux lacs Isli (le fiancé) et Tislit (la fiancée).

Leurs parents, repentis, décidèrent qu’une fois par an, leurs progénitures jeunes garçons et jeunes filles se choisiraient et se marieraient librement. Depuis, il y a une coutume que l’on appelle « taqerfiyt » pendant laquelle un garçon peut côtoyer sa futur épouse, l’union du couple n’étant sujette à aucune opposition.

Depuis lors, le moussem des fiançailles d’Imilchil est devenu une manifestation annuelle à vocation commerciale et religieuse où se éfoulent la tribu des Aït Ameur à côté du magasin de Sidi Ahmed Oulmghenni considéré comme leur frère musulman et dont la bénédiction est l’essence même du moussem.