Le bébé secoué

 Une maltraitance infantile peu connue.

 A peine venu au monde, le nourrisson peut subir de multiples actes de maltraitance. Parfois, excédés par ses pleurs, certains parents le secouent pour le faire taire. Un geste qui n’a rien de banal puisqu’il s’agit d’une véritable agression entraînant en outre, des séquelles à vie. Plusieurs dizaines d’enfants de moins d’un an meurent chaque année en France de ce que l’on nomme le « syndrome du bébé secoué ». Si cette maltraitance a fait l’objet de nombreuses études au Canada et aux Etats-Unis en France, elle commence tout juste à être prise en compte
Jeudi 23 octobre 2003

Marie-Hélène Mino

Certains jeux sont également à proscrire comme par exemple, lancer un enfant en l’air, le faire tourner autour de soi  » faire l’avion  » car ils peuvent générer des lésions identiques à celles du secouement.
Le traumatisme du bébé secoué découle du fait qu’un nourrisson ne dispose pas encore de toute la musculature nécessaire pour pouvoir soutenir sa tête. Cette dernière est grosse et lourde par rapport au reste du corps et le cou peu musclé est encore trop faible.

Secouer un enfant de manière violente et répétée entraîne une oscillation de sa tête. Le cerveau est alors écrasé contre la boîte crânienne, ce qui peut entraîner le saignement des vaisseaux sanguins, des lésions importantes aux tissus ainsi qu’une enflure du cerveau. Des dommages pouvant causer la mort du bébé.

Plus les lésions neurologiques sont importantes et plus l’enfant présente des troubles graves : des vomissements, des convulsions, des pertes de conscience, une fontanelle bombée et des arrêts respiratoires. Il peut montrer également, des hématomes à l’endroit où il a été attrapé (les bras, le torse etc.)

La gravité des blessures dépend bien évidemment, de la force des secousses et de la taille de l’enfant.

Le plus souvent, les bébés secoués ont moins d’un an. Les enfants ayant moins de 6 mois sont les plus concernés. La plupart des agresseurs sont jeunes, moins de 25 ans et sont majoritairement des hommes. Dans plus de la moitié des cas, ce sont les parents eux- mêmes qui sont responsables, (les pères, les concubins et la mère). 10 à 20% des bébés peuvent être blessées par leur nourrice.

Plus d’une victime sur cinq décèdent quelques jours ou quelques semaines après le traumatisme. Parmi celles qui survivent 3/ 4 présenteront des séquelles irrémédiables comme par exemple une infirmité motrice, une hémiplégie, tétraplégie, une épilepsie, une arriération mentale, une atteinte de la vue pouvant aller jusqu’à la cécité… D’autres encore, demeurent toute leur vie dans un état végétatif.

Certains troubles ne pourront être décelés que tardivement durant la scolarité par exemple. En tout état de cause, la majorité des bébés secoués doivent bénéficier d’un suivi ou de soins médicaux toute leur vie.

NE PAS SECOUER LA TETE DU BEBE NI OPPRIMER SON CRANE CELA PEUT ETRE UNE MORT SUBITE ET UNE MALTRAITANCE

JAMAIS FAIRE CELA

  

Qui sont les secoueurs de bébés ?
On ne sait pas grand chose sur la personnalité des auteurs de ces maltraitances mais tous les groupes socio-économiques, toutes les cultures sont concernées. Ce syndrome se retrouve plus fréquemment dans les zones urbaines avec une pointe en automne et en hiver.

Généralement, les réactions violentes sont déclenchées par le stress ressenti par la personne qui s’occupe du bébé. Souvent mis en cause, les pleurs du nourrisson ou encore pendant son alimentation ou lors de soins hygiéniques. L’épuisement physique et moral mais également des frustrations peuvent engendrer cette violence. Les adultes mis en cause présentent le plus souvent, un comportement impulsif, colérique, une moins bonne faculté à contrôler et à maîtriser leurs pulsions.

Les facteurs de risque sont ceux que l’on retrouve dans toute violence faite aux enfants à savoir : isolement social, violence familiale, alcoolisme, toxicomanie, troubles psychiatriques, fragilité psychologique, adulte ayant été lui-même victime de violence parentale ou familiale.

Secouer un bébé est une agression, un acte de maltraitance. Mais certains jeux sont également à proscrire comme par exemple, lancer un enfant en l’air, le faire tourner autour de soi  » faire l’avion  » car ils peuvent générer des lésions identiques à celles du secouement.

http://fidesjustice.free.fr/html/maltrai1.html