La schizophrénie infantile


Tout le monde s’accorde à dire que la schizophrénie est la pathologie la plus grave et la plus complexe. Elle débute vers l’âge de 5 ans et se caractérise par une distorsion majeure de la pensée, de la perception, des affects et du comportement. On note un fort impact sur le domaine des interactions sociales.
C’est au début du 19ème siècle que la Psychiatrie s’y intéresse. Autrefois qualifiée de démence précoce liée aux effets d’une dégénérescence héréditaire, Bleuler introduit en 1911 le terme utilisé de nos jours, mais à l’époque le terme regroupe d’autres pathologies mentales bien différenciées de nos jours, telles « l’ autisme et autres TED ». Selon Bleuler, sa théorie des « quatre A » (relâchement des Associations, Autisme, perturbations Affectives et Ambivalence) permet à elle seule le diagnostique, renvoyant ainsi délires et hallucinations au second plan. La seconde partie du 20ème
siècle verra donc se séparer les termes de schizophrénie et de l’autisme.
Considérations Définitions
La schizophrénie est un trouble (probablement un ensemble) grave qui atteint des fonctions essentielles comme la conscience de soi, son unicité et son caractère autonome. Le schizophrène a la plupart du temps conscience de lui-même mais son intelligence varie en fonction de l’état immédiat dans lequel il se trouve.
Critères diagnostiques
SYMPTÔMES ( Symptômes positifs)
Les symptômes positifs reflètent un état « productif » et sont frappants. Les hallucinations auditives (rarement visuelles) en font partie. Le sujet ne peut accéder au fait que ces voix sont produites par lui-même. Elles sont souvent agressives voire menaçantes et commentent la vie du sujet. Les idées délirantes créées chez le patient des croyances. Un esprit pourrait l’habiter ou bien il assurera avoir des connexions avec une divinité, un démon, que ses pensées ne lui  appartiennent pas. Il reste « insensible » aux multiples argumentations et interventions logiques de ses proches et du
corps médical.


Symptômes négatifs
Les 3 symptômes qui suivent sont très fréquents dans la schizophrénie : alogie, émoussement affectif, perte de volonté. Les émotions, souvent limitées, peuvent aussi être inappropriées (le patient rit alors qu’il évoque quelque chose de l’ordre de la tristesse). Le clinicien ne posera évidemment pas toujours un diagnostique de schizophrénie sur la seule
base de certains symptômes négatifs (troubles de l’humeur et de l’anxiété) car il sait qu’on les trouve également dans
Symptômes de désorganisation
On les trouve dans le discours de l’enfants et dans les comportements moteurs. Le relâchement des associations rend le discours illogique, incohérent (coq à l’âne, absence de connecteurs logiques). La réponse d’un patient schizophrène peut aussi être hors-sujet. Au niveau moteur on note la présence de mouvements répétitifs ou stéréotypés (balancements)
SOUS­- TYPES DU TROUBLE   (Type paranoïde)
Ce type de schizophrénie est caractérisé par une majorité de symptômes positifs. On y retrouve les patients présentant des délires de persécution. Ces derniers se croient menacés, doivent accomplir des missions d’ »ordre
supérieur » (supprimer une grande maladie dans un pays etc.)

C’est le type de schizophrénie où les symptômes négatifs (et de désorganisation) dominent. Négativisme, apathie, perte de volonté sont ici très fréquents.
Type catatonique
C’est le plus rare. L’enfant ou l’adolescent est comme figé dans son propre corps, maintenant des postures totalement inhabituelles et complexes. On observe parfois un mutisme. On peut aussi noter un négativisme.
On repère le trouble dans de nombreux autres pays ce qui prouve l’universalité de la schizophrénie
Troubles associés Le lien entre schizophrénie et épilepsie est observable mais il n’est pas encore expliqué.

Différences liées au sexe

La schizophrénie infantile chez les moins de 15ans touche plus les garçons que les filles. On assiste à une inversion chez les sujets plus âgés, les filles déclarant plus souvent le trouble que les garçons.
Différences sociales
Les enfants dont le milieu social est défavorisé ou dont le cadre de vie est une grande ville ou dont l’exposition au stress est assez forte sont clairement plus atteints que leurs opposés.
Évolutions et pronostics
La schizophrénie est persistante mais pas fréquemment chronique. Le début de la pathologie est importante pour déterminer la trajectoire développementale de l’enfant.
Évolutions et pronostics ( Thérapie psychanalytique)
M. Klein qui postulait que l’enfant pouvait passer, au cours de son développement, par des périodes de troubles faisant penser à la schizophrénie mais pas obligatoirement pathologiques, fut vivement critiquée par Stern et al. pour « sa banalisation paradoxale de la pathologie mentale ». La cure psychanalytique a pour objet de régler des petits conflits quotidiens.
Thérapies cognitive comportementales
Le but est de redonner confiance au patient, de changer les attitudes et son mode de pensée.
Thérapies familiales
D’orientation psychanalytique ou cognitive-comportementales, elles intègrent la famille, pour apprendre à vivre ensemble malgré le trouble.
Ateliers d’expression
Des conflits intras-psychiques peuvent être résolus par ce biais la.
Socio­thérapie
Le travail, malheureusement pas toujours envisageable, reste tout de même un excellent moyen d’éviter le retrait social qui guette les patients.
Étiologie ( Facteurs biologiques )
La recherche a avancé des hypothèses génétiques mais les conclusions ne sont pas au rendez-vous.
Facteurs familiaux et sociaux culturels

Des observations de (nombreux ?) parents, surtout les mères, jugées froides, rejetantes et dominatrices envers leur enfant conduisirent certains professionnels à penser qu’elles étaient directement responsables de la pathologie de leur enfant. Il a été noté qu’une style discordant dans la communication familiale et des maltraitances pouvaient tout à fait
favoriser la déclaration de la schizophrénie.
http://schizophrenies.fr