LA MANDALA LA TRADITION DANS LE MONDE DU CERCLE DIVIN

Notre pouvoir ne réside pas dans notre capacité à refaire le monde, mais dans notre habileté à nous recréer nous-même.  »

Mahatma Gandhi
  •  Qu’est ce qu’un Mandala ?

En premier lieu, un peu d’étymologie :

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Art tibétain, moine exécutant un Mandala de sable

Le terme Mandala vient du sanskrit (langue indo-européenne) et signifie cerclecercle sacrétotalitépalais.
Dans les textes les plus anciens, c’est aussi le disque du Soleil ou de la Lune.
Mais manda possède également le sens d’écume, crème, alcool, essence et la celui d’achèvement.
Mandar est la montagne qui allait s’engloutir et Mandra est la grotte-caverne dans laquelle fut construite le premier temple hindou.
Mantrin est un conseiller d’état, mantra un conseil, car man signifie penser.

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    Art navajo, peinture de sables, pigments et pierre broyé

Mais de ce côté-ci du monde indo-européen, on retrouve des mots et des racines similaires :

  • En grec, mante est le devin et manto la prophétesse
  • En latin, mandare signifie ordonner, mettre en ordre
  • En danois, mand veut dire homme
  • En germanique, mandh est la connaissance, la jubilation, la joie

En français maintenant, la Mandorle en forme d’amande, fendue verticalement, est le symbole archaïque des Vierges-Mères. Elle est créée par l’intersection de deux cercles qui évoquent la sphère céleste. Les deux cercles sont alors deux Mondes et la Mandorleexprime donc le passage entre ceux-ci. De plus, cette forme ne représenterait-elle pas la Vulve du Monde ? La vulve est bien la véritable porte de la matrice humaine et elle en protège l’ouverture par une « double porte« …
La tradition chrétienne a posée à l’intérieur de la Mandorle, la Vierge, le Christ ou des Saints. Ces représentations – sur des portails d’église par exemple – signifient bel et bien la « personne » par laquelle il faut passer pour parcourir le chemin entre les deux cercles, les deux hémisphères ou les deux Mondes, l’un terrestre et l’autre céleste. ( voir photo : Christ dans la Mandorle, Eglise Saint Limin de Thuret, Puy de Dôme )

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    Rosace de Notre Dame de Strasbourg

On pourrait encore citer la mandragore, symbole de fécondité ou le mandrin qui peut représenter l’axe du Monde. 

Cette liste n’est pas exhaustive et on commence à se rendre compte que le Mandala que nous connaissons dans sa forme hindoue ou tibétaine est en fait plus universel.

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  • Christ dans la Mandorle, Eglise St Limin de Thuret, Puy de Dôme

Petit apparté concernant le cercle :
Depuis toujours, les Hommes ont représenté la création du Monde et le Divin de la même façon : par le cercle. Le cerle est un archétype, il symbolise l’absolu, l’infini, l’unité
Mais le cercle délimite aussi un espace, cet espace organisé va s’inscrire dans un cercle-limite. A cet endroit, le domaine des Hommes et celui des Dieux se rejoignent : la droite pour les Hommes et la courbe pour les Dieux.

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    Croix celtique, avec triskel au centre

Pas étonnant alors que la majorité des peuples nomades dans le monde ait créé leur habitat en fonction de cette symbolique. Les peuples nomades sont par essence directement et intimement liés à la Nature et sont soumis à ses Forces. On comprend donc l’importance que revêt l’habitat dans cette situation et la nécessité pour eux de se « cosmiser ». En d’autres termes, l’homme nomade reproduit à son échelle sa vision de l’Univers : un habitat circulaire élevé en son centre par un poteau (ou simplement évoqué par le trou de fumée) : le tipi ou la yourte.
Ceci est l’Axe de du Monde, l’axis mundi. Ces hommes vivent dans des espaces consacrés, maintenus « ouverts » par les communications entre les niveaux cosmiques.

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  • Art arabe, coupole de la Mosquée Selimiye, Turquie

Revenons au Mandala lui-même et examinons de plus près sa portée à l’echelle mondiale.
Si sa forme diffère un peu ici ou là, le fond quant à lui est toujours lié au sacré.
Appelé Mandala ou non, beaucoup de culture (pour ne pas dire toutes) utilise dans leur art sacré, le cercle dans lequel sont inscrites, symbolisées : la divinité, la croyance, la tradition, l’initiation etc…
De plus, cet art est particulièrement riche par la multiplicité des supports et des techniques utilisés ( chaque point fait référence à une photo dans la colonne de droite ) :

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    Temple bouddhique de Borobudur à Sailendra, Indonésie
  • les Mandala de sables colorés tibétains ou navajos
  • les peintures et mozaïques romaines ou arabes
  • les vitraux des lieux de cultes chrétiens
  • les sculptures aztèques ou celtes
  • les temples
  • les labyrinthes, notamment ceux créés à but religieux et spirituel
  • sans oublier les célèbres et controversés crop circles
  • etc…
 Il ne s’agit pas d’atteindre la perfection, mais la totalité. « 
Carl Gustav Jung
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    Art aztèque, le calendrier

Le Mandala est une représentation du monde total. En cela, il est « localisé », physiquement parlant, mais est aussi « délocalisé » ; et ceci est dû à sa fonction, à la vie que l’artiste lui a donnée. Car un Mandala ne peut être dissocié d’un élan vers un idéal, d’une recherche d’absolu ou d’une pratique spirituelle, religieuse, méditative, introspective…

Que signifie « délocalisé » ?
La délocalisation, c’est ce qui nous fait accéder au Global.
Et le Global, c’est l’existence sans repère. Le Local émerge du Global ou s’immerge dans le Global.
A titre d’exemple, beaucoup de Tradition considère que l’Homme possède plusieurs corps au delà du corps physique. Peu importe le nombre ou les noms que ces Traditions ont donnés à ces corps, il est, je pense, important de se rendre compte que nos 5 sens communément admis ne comprennent pas le Monde dans sa totalité. Ne parle-t-on pas de la partie immergée de l’iceberg ?
Ainsi, comme un iceberg, nous possèdons une partie invisible (appelée aura, champ vital, bulle etc…) qui est la forme délocalisée de nous-même. Notre corps physique étant alors la forme localisée, visible, quantifiable…
Ceci est la « théorie des Formes et des Champs de Cohérence« .
Et il en est de même pour tout Etre vivant ainsi que tout objet.

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    Labyrinthe, Cathédrale de Chartres

Même si nos 5 sens ne nous permettent pas d’appréhender ces phénomènes, nous avons d’autres moyens de les ressentir. Notre sensibilité, par exemple, est un premier pas vers cette ouverture. N’avez-vous jamais été profondément touché par un tableau – même insignifiant en apparence – ou par une oeuvre musicale qui a résoné en vous, ou encore et plus simplement, par une personne qui vous a attiré plus qu’aucune autre, et ce, sans considération esthétique… ?

Avec tout ceci, on rentre dans ce qu’on appelle « l’Autre Champ de Cohérence » dans lequel il n’est plus possible de compter, mesurer.
Dans le « Champ de Cohérence rationnel » – celui que notre société industrialisée met en avant – on tente d’expliquer, de raisonner des phénomènes, de les faire rentrer dans des règles et des normes.

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    Crop circle, Silbury Hill, Angleterre

Mais la Vie ne s’explique pas, on ne peut pas la comprimer afin de la faire tenir dans un boite trop exiguë.
Dans ce Champ de Cohérence, un Mandala est et restera un « passe-temps » ou au mieux une oeuvre d’art sans profondeur, mais guère plus.

A l’inverse, en s’ouvrant à l’Autre Champ de Cohérence, le Mandala devient une porte nous permettant d’accéder à un autre Monde, au Global, à la Totalité.

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