Histoire de la maroquinerie

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LE MAROC LE PAYS DE LA MAROQUINERIE

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Il semble important de souligner que la maroquinerie a longtemps évolué au même rythme que le cuir. En effet, la maroquinerie, avant son véritable essor à la fin du xixe siècle, n’a longtemps été qu’un complément de l’industrie, n’offrant que de petits accessoires complémentaires.

Apparition de la maroquinerie

Depuis les débuts de l’Humanité, la peau animale est présente. Mais il a fallu attendre que les Hommes acquièrent les techniques de traitement du cuir pour parvenir à la mise en place d’objets en cuir. Dès l’Égypte antique, de petits objets en cuir entrent dans le quotidien  : harnais, instruments de musique, outres, souliers, etc. Quant à la Grèce antique, pour sa part, l’habillement en cuir des cavaliers, s’accompagne également de protections telles que des jambières ou des épaulières en peau. On voit également apparaître, pour compléter la tenue de cuir des Romains, des gants fabriqués avec des lanières de cuir pour les combats de boxe.

Le terme « Maroquinerie » trouve son étymologie directe dans  

Maroc, pays où le travail du cuir était très perfectionné, notamment dans la Fès almohade. La technique du cuir fut transmise par les marocains à l’Europe à travers l’Andalus

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On a assisté à la création de nouvelles industries dans les villes de l’Europe du sud et du Maroc car une véritable révolution s’est mise en route grâce à la nouvelle clientèle bourgeoise. Dans les années 1180, le travail des peaux et des cuir se développa. Les ouvriers du cuir étaient en nombre considérables dans la cité. La brigandine s’accompagne alors de cartouchières, ceintures, étuis et autres accessoires

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L’industrie du cuir connaît donc un essor considérable, surtout à la ville de Pise en Italie, mais le travail paraît assez indélicat, lourd et brut. Les peaussiers abandonnèrent la technique orientale du tannage à l’eau froide; procédé lent et coûteux pour adopter une technique différente de meilleur marché et offrant des cuirs moins souples.

Une majorité de cuirasses, heaumes et vêtements était fabriquée par ces artisans appelés « coriarii aque calde ». De plus, le développement du commerce et l’externalisation des échanges dans les années 1150 ont permis à ces ouvriers de développer leur industrie et de l’ouvrir au monde ; mais aussi de recevoir d’autres notions et apprentissages des différentes cultures. On assista donc à une véritable démocratisation du vêtement.

Cette industrie, grossière et primaire, issue du monde rural, a connu un essor important qui a pu la mener dans les premières places. Les métiers du cuirs se sont peu à peu transformés en « art du cuir » au fil des années ; et certaines villes ont maintenu cette prédominance jusqu’à la fin du Moyen Age. Ainsi, il devient alors de bon goût de décorer ses coffres de cuir, et ce, de par le monde

Dans les années qui ont suivi cet essor, le cuir redevint synonyme de mauvais goût et de ruralité que l’on associait aux paysans. Vers les années 1260, les besoins et modes des bourgeois évoluèrent vers une nouvelle tendance car ils recherchèrent désormais de la fourrure pour leurs vêtements ; ainsi que de la laine.

Du xvie siècle au xixe siècle

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Le sac, objet incontournable de la maroquinerie, a suivi l’histoire de la mode. Il est plus significatif de l’évolution vestimentaire que de sa fonction proprement dite. Au Moyen Âge, la différenciation des vêtements entre les hommes et les femmes apparaît, et avec celle-ci, le port de la bourse. En effet, elle était réservée aux hommes, tandis que les femmes portaient les objets dans des poches aménagées dans leurs robes.

À la Renaissance, le cuir illustre un certain art de vivre, l’atmosphère même du confort et du luxe

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En 1749 est créée une Manufacture royale du Cuir. Le xviiie siècle connaît un développement considérable des objets de luxe, réalisés par les maîtres-gainiers, (travaillant dans la gainerie) en passant du coffret à la malle, par le portefeuille, mais également que ce soit pour coudre, écrire en maroquin estampé, doré, ou en galuchat. Le cuir a une double dimension  : pratique et prestigieuse. Distinction entre une simple valise et un bagage du malletier. Seuls les artistes se servent encore des malles profondes. Pour les autres, l’artisanat de luxe a su créer des modèles plus souples, plus légers, plus rationnels. Mais leur ligne, leurs finitions, leur qualité essentielle, les différencient au premier coup d’œil

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Comme pour de nombreux matériaux, le cuir passe dans les mains des industriels. Mais le terme « maroquinerie » n’apparaît qu’avec la création du portefeuille vers 1835, et deviendra par la suite une importante industrie. Le terme recouvre alors rapidement une foule d’objets de petites tailles.

Le cuir au xxe siècle

C’est avec la mode révolutionnaire que le sac féminin s’extériorise et le terme sac à main apparaît au xxe siècle3. Au début du xxe siècle, les artisans de l’Art nouveau vont faire du cuir un support privilégié pour des créations en tout genre  : portefeuilles, sacs, reliures ornés de motifs floraux et animaliers.

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Dans les années 1920, le cuir est abondamment utilisé pour le mobilier. Mais l’artisanat décline progressivement à la suite de la crise financière, à la mécanisation intensive et à l’invention du cuir synthétique en 1942 par Dupont de Nemours (de l’entreprise américaine DuPont).

Maroquinerie au Texas

Depuis leur installation, les pionniers américains ont fait du chemin. Les voilà devenus cow-boy. Avec eux se développent le rodéo. Les pratiquants portent alors des jambières en gros cuir (dites chaps) accompagnées de gants, de ceintures, de bandanas, le tout popularisé par les westerns.

L’essor de la maroquinerie

Les avancées techniques concernant les moyens de locomotion vont permettre à l’industrie du cuir de se développer. Dans les années 1910, pour se protéger du froid, le cuir devient un élément indispensable des aviateurs. En plus d’enfiler une combinaison en cuir, ces derniers s’équipent de cagoules et de gants.

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Par la suite, l’essor de l’automobile va jouer un rôle crucial pour le développement de la maroquinerie. En effet, l’automobile comme le coupé ou le cabriolet, symbole de luxe, entraîne dans son sillage la mise en avant de multiples petits accessoires tels que les gants pour Madame, assortis au cuir intérieur de la voiture, comble du raffinement1.

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C’est à cette époque que la maroquinerie va devenir la véritable industrie que l’on connait aujourd’hui. En effet, elle se développe grâce aux bagages. De grandes maisons saisissent l’opportunité de développer leurs commerces grâce à des bagages plus faciles à transporter. En ajout à ces modèles, les grandes maisons proposent aussi une multitude d’accessoires comme les gants, les ceintures. D’autres maisons vont, quant à elles, surtout se spécialiser dans des malles compartimentées qui tendent alors à tous les rangements nécessaires pour les escapades automobiles.

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Les métiers de la maroquinerie

De par l’étendue de la maroquinerie, il existe beaucoup de métiers s’en rapportant. Les principaux sont :

  • Maroquinier : celui qui travaille les peaux de chèvre tannées (maroquin)
Tanneur : celui qui transforme la peau « brute » en un matériau imputrescible.
  • Corroyeur : celui qui assouplit le cuir après le tannage et pratique donc le corroyage
  • Baudroyeur : celui qui corroyoit les cuirs de couleur
Au Moyen Âge, les tanneurs et les corroyeurs s’organisent en corporations. Et avec les baudroyeurs en 1345, ils obtiennent des statuts et règlements.