DU n°1 AU n°6 EDUCATION AU BONHEUR << les quatorze traits <<<<

1. ÊTRE PLUS ACTIF ET DEMEURER OCCUPÉ

Les gens heureux sont activement impliqués dans la vie. Les personnes heureuses remplissent leur vie avec
de l’activité et, plus important encore, ils passent plus de temps que la plupart des autres personnes à faire
des choses qu’ils trouvent agréables et amusantes.
Sur le plan conceptuel, ce trait fondamental met en relief l’idée de base qu’une vie active semble générer
plus de bonheur qu’une vie passive. Ceci souligne le contraste entre la vie remplie, active et plaisante des
gens heureux et celle tendue, pressurisée des gens malheureux ou encore celle inactive et ennuyante de
certains autres. Le style de vie heureux est décrit, comme cela a souvent été le cas dans la documentation
scientifique, avec des termes comme « implication », « investissement » et « énergie ».
Cinq types spécifiques d’activités que la recherche a régulièrement associés à l’accroissement du bonheur
sont présentés comme principes de base :
• des activités agréables soulèvent plus de bonheur que des activités qui ne le sont pas;
• des activités excitantes, mobilisantes physiquement semblent générer plus de plaisir que des activités
tranquilles et sédentaires et tranquilles;
• des expériences nouvelles tendent à soulever plus de bonheur que des expériences familières;
• des activités sociales génèrent plus de bonheur que des activités solitaires;
• une démarche significative est plus satisfaisante que des divertissements triviaux.
La majorité des « activités qui rendent réellement heureux » sont gratuites (ou très peu coûteuses) en plus
d’être disponibles presque aussi souvent qu’on puisse le désirer.
2. PASSER PLUS DE TEMPS À SOCIALISER


Une donnée solidement établie dans la recherche accumulée sur le bonheur et la satisfaction de vivre est
celle de l’importance jouée par le lien social sur le bonheur personnel. En effet, la majorité des études ont
rapporté qu’une vie sociale satisfaisante était le facteur le plus contributif au bonheur.
La plus grande partie de l’impact de la vie sociale sur le bonheur d’un individu repose sur des relations
proches et intimes. La contribution au bonheur de nos socialisations quotidiennes nous apprend que les
gens heureux présentent un degré de participation à des activités sociales, autant à un niveau formel
(organisations, clubs, associations, etc.) qu’à un niveau informel; (amis, voisins, collègues de travail, famille
étendue, etc.) et que ces interactions contribuent à créer des sentiments importants de satisfaction, de
soutien et d’appartenance qui ajoutent à la sensation générale du bonheur.
3. ÊTRE PRODUCTIF DANS UN TRAVAIL SIGNIFICATIF


Dans la recherche, le bonheur et la satisfaction de vivre ont souvent été associés avec un travail significatif et
une activité productive.
La satisfaction de vivre peut être liée à un emploi satisfaisant et, plus spécifiquement, à quel point les gens
les plus heureux semblent intéressés et satisfaits par leur travail.

La productivité et le sens : la productivité est présentée comme une épée à deux tranchants : « Le bonheur
est généralement associé à des périodes de productivité », alors qu’inversement, « même de brèves
périodes de non-productivité et de relâchement des responsabilités » peuvent conduire à la dépression.
L’importance pour le bonheur est de persévérer de façon constante pour respecter les engagements et les
objectifs.
Typiquement, les gens heureux rapportent percevoir la majorité de leurs activités comme significatives,
gratifiantes et importantes. Ils se voient comme apportant une contribution sociale, progressant vers des
objectifs importants et se développant sur le plan personnel. Les plus fortunés des gens heureux sont ceux
qui retrouvent un tel sens dans leur carrière. D’autres qui ne trouveraient pas leur emploi (ou l’absence de
celui-ci) gratifiant peuvent trouver une signification dans le service communautaire ou dans des oeuvres de
charité.
4. MIEUX S’ORGANISER
La recherche sur les gens plus heureux a souvent montré qu’ils sont bien organisés, qu’ils ne remettent pas
les choses au lendemain, qu’ils sont efficaces et qu’ils planifient. Une telle organisation ne se manifeste pas
seulement dans leur approche quotidienne de la vie, mais aussi dans leurs projets à long terme et dans leur
sentiment d’orientation dans la vie. Les gens heureux semblent savoir où ils veulent s’en aller et ils semblent
posséder les habiletés organisationnelles pour leur permettre de le faire.
5. ARRÊTER DE SE TRACASSER
L’une des découvertes majeures sur les gens heureux est qu’ils se tracassent beaucoup moins que la
majorité des gens. L’inquiétude est l’ennemi de base du bonheur, c’est l’attitude qui mine le plus le bonheur
de la personne moyenne. Parallèlement à l’idée que le bonheur d’une personne est proportionnel à la
quantité de temps investi dans une activité plaisante, le message est maintenant que le bonheur d’une
personne est inversement proportionnel à la quantité de temps passé dans les pensées négatives.
L’inquiétude quotidienne est la forme la plus courante de pensées négatives. Une analyse des « patterns »
des préoccupations individuelles démontre en général que la majorité des inquiétudes ne se réalisent jamais
et que la majorité des préoccupations sont très souvent au-dessus de la capacité de contrôle d’une
personne. Une telle analyse tend à démontrer la futilité des inquiétudes. Des techniques comportementales
comme la « substitution de pensées » et le monitoring mental sont des avenues possibles de contrôle des
préoccupations. Un équilibre entre une planification adéquate et une inquiétude minimale est proposé,
équilibre qui favorise une réussite maximale dans la vie et un minimum de pensées déplaisantes et de
coercition mentale.
6. BIEN AJUSTER SES ATTENTES ET SES ASPIRATIONS
Ce thème porte sur le rôle que jouent les attentes quotidiennes, ainsi que les ambitions à long terme sur le
bonheur. Il repose sur un des principes de base de la psychologie (confirmé dans la documentation
scientifique sur le bonheur) : notre degré de satisfaction dans la vie ne repose pas seulement sur ce qui
arrive, mais aussi sur ce que nous anticipons. Quatre points cognitifs spécifiques démontrent comment les
attentes, les aspirations et la réussite affectent le bonheur :
• Ne pas s’organiser, ne pas être désappointé. La donnée la plus fondamentale de la « théorie des attentes »
précise que des attentes élevées sont rarement satisfaisantes et conduisent généralement à la déception,
alors que des attentes modérées amènent souvent plus de satisfaction que prévu. De telles déceptions ou
insatisfactions ont un effet cumulatif sur l’évaluation d’une personne quant à son niveau général du bonheur.

Source : MICHAEL W. FORDYCE, Extrait de Revue québécoise de psychologie