Délinquance : les filles aussi !

Délinquance : les filles aussi !

14 septembre 2006
Autrefois cantonnées au rôle exclusif de victime dans les affaires de violence, les filles portent désormais aussi le masque de bourreau ! Et la mauvaise graine du girl power a de quoi germer : plus agressive et destructrice, la violence conjuguée au féminin tétanise jusqu’au plus terrifiant des bad boys lui-même. Pas prêts à se soumettre, les gangs de filles pourraient enrayer l’expression «sexe faible» dans la prochaine édition du Petit Robert…

L’affaire est encore sur toutes les lèvres. Aux Yvelines, trois adolescentes âgées de 15 à 18 ans sont soupçonnées d’avoir torturé puis violé l’une de leurs camarades.

Mises en examen pour actes de barbarie (claques, brûlures de cigarette, épilation sauvage et pénétration avec un cintre), elles devraient servir malgré elles le projet de loi proposé parNicolas Sarkozy et visant à dépister – comme une maladie – les prédispositions à la délinquance chez les mineurs.

Pas plus sujettes au «virus» que leurs compères, les filles-caïds se distinguent cependant de ces derniers par une violence plus crue.

Le conflit se livre le plus souvent sur le terrain psychologique :

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Les filles se regroupent et s’acharnent ensemble sur une «proie» à travers insultes et rumeurs malsaines. Un véritable harcèlement moral qui peut conduire à la dépression, voire au suicide. En venir aux mains, par contre, est un événement plus exceptionnel chez la gent féminine.

Les 15-17 ans s’avèrent les plus brutales mais leur agressivité a tendance à s’estomper avec l’âge.

Généralement issues d’un foyer lui-même violent, entre les sévices parentaux et les cités-ghettos où le machisme règne, les incriminées cherchent à gommer toutes traces qui font d’elles des femmes.

Pas de jupe ni de maquillage sous peine d’être cataloguée «pute», pas question non plus d’être soumise : en inspirant la crainte chez les autres, on force plus facilement le respect. Reste que si l’extérieur est simple à effacer, la sensibilité féminine, elle, ne disparaît pas avec un vulgaire coup de poing.

En vieillissant, les gangstas au féminin se veulent donc tiraillées entre deux identités et finissent par retourner leur violence contre elles-mêmes. Une pression qui, à l’instar de la médiatisation du phénomène, poussent de nombreuses associations dédiées à ces «bourreaux-victimes», comme Ni Putes, Ni Soumises ou Mix-cité.

source:http://psycho.ados.fr/la-violence-chez-les-filles_article2656.html

Crédit photo : © Sean Nel – FOTOLIA