COMPOSITEUR DE MUSIQUE ESPAGNOLE ENRIQUE GRANADOS

Enrique Granados

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Élève précoce, il étudie le piano à Barcelone sous la direction de Francisco Jurnet et de Joan Batista Pujo, qui compta également Isaac Albéniz parmi ses élèves. Granados obtient le premier prix de piano au Conservatoire de Barcelone en 1883. Il étudiera également la composition avec Felipp Pedrell, avant de quitter l’Espagne en 1887 pour se rendre à Paris où il suit les cours de Charles de Bériot. C’est là qu’il rencontre la dernière génération de compositeurs français : Gabriel Fauré, Claude Debussy, Maurice Ravel, Paul Dukas, Vincent d’Indy, Camille Saint-Saëns, etc.

Il revient s’installer à Barcelone en 1889 pour y entamer une brillante carrière d’interprète et de compositeur. Il donne son premier récital en 1890. Par la suite, il partagera la scène avec de nombreuses célébrités de l’époque, dont bien des noms nous sont encore aujourd’hui familiers : Eugène Ysaÿe, Jacques Thibaud, Edouard Risler, etc. Son premier opéra, Maria del Carmen, lui vaut en 1898 une consécration royale. Néanmoins, les quatre opéras suivants, composés entre 1901 et 1911, n’auront guère de succès.

En 1901, il fonde l’Academia Granados. Granados se consacre dès cette date à l’enseignement du piano et de l’interprétation pianistique. Il fut professeur, entre autres, du compositeur Roberto Gerhard. S’il poursuit parallèlement sa carrière de compositeur, il ne reviendra en tant que tel sur le devant de la scène qu’en 1911, à la faveur des premières auditions de sa suite pour piano Goyescas. Le titre de l’œuvre qui assura sa notoriété est un hommage au peintre Francisco de Goya, pour qui Granados éprouvait une vive admiration : « Goya est le génie représentatif de l’Espagne… Nous devons, à l’exemple de cette belle figure, tenter de contribuer à la grandeur de notre pays ».

En 1916, il effectue un voyage à New York pour assister à la première américaine de son opéra Goyescas, inspiré de la suite éponyme. Les représentations sont un succès. Granados achève sa tournée américaine dans l’enthousiasme. Au mois de mars, sur le chemin du retour, il embarque avec sa femme à bord du Sussex, qui fait la liaison de Londres à Barcelone. Le 24 mars 1916, le navire est torpillé par un sous-marin allemand. Il réussit à rejoindre un canot de sauvetage mais, apercevant sa femme qui se noyait, il sauta à nouveau à la mer: tous deux se noyèrent.