«Cette fois, je veux la vérité!» Comment corriger l’enfant qui ment et qui vole

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Un jour ou l’autre, toutes les familles doivent faire face aux problèmes de l’enfant qui ment et qui vole.

Tous les enfants ont quelques mensonges à raconter

Quand un enfant de trois ans vous dit: «Je viens de construire un gros château dans le jardin», il s’agit de la fabulation et non d’un mensonge. Les enfants d’âge préscolaire confondent souvent le rêve et la réalité parce qu’ils ont de la difficulté à les distinguer.

Un enfant de sept ans qui vous annonce au dîner: «J’ai frappé un coup de circuit aujourd’hui» peut ne même pas savoir ce qu’est un circuit. À cet âge, les déclarations fanfaronnes et les exagérations sont une façon pour l’enfant de dire: «Regardez-moi, je suis aussi bon que les autres».*

Essayez d’aider votre enfant à distinguer ses fantasmes de la réalité le plus tôt possible. Tentez de résoudre le problème avant que l’exagération innocente ne se transforme en déformation délibérée. Il est alors temps de chercher les raisons qui incitent l’enfant à mentir. Si vous avez réussi à établir une solide relation fondée sur la confiance mutuelle et le sens de l’équité, vous serez peut-être en mesure de parler à l’enfant de son problème. Il se peut que son comportement traduise un sentiment d’insatisfaction ou d’incertitude en ce qui concerne son identité ou sa relation avec les personnes qui l’entourent. Très souvent, cependant, l’enfant ne peut en expliquer les causes sous-jacentes.

Voici quelques explications possibles:

Besoin de valorisation: L’enfant peut mentir à propos de ce qu’il a fait ou d’où il est allé afin de paraître meilleur qu’il ne se sent.

Crainte des conséquences: Si l’enfant craint d’être puni sévèrement parce qu’il a cassé un carreau, il tentera peut-être d’imputer la faute à quelqu’un d’autre. Quand l’enfant pense qu’il ne peut pas faire suffisamment confiance à ses parents pour leur dire la vérité, il aura peut-être recours au mensonge pour se protéger.

Rébellion: À partir de l’âge de 11 ans, mentir peut être une autre façon de se rebeller contre ses parents, l’école ou les autres symboles de l’autorité. Les enfants qui n’ont pas de relation étroite avec des adultes peuvent prendre l’habitude de mentir et de voler et même adopter un comportement antisocial. Il y a aussi un petit nombre d’enfants qui ne parviennent pas à distinguer leurs fantasmes de la réalité. Il faut en général faire appel à des professionnels pour les aider.

Donner le bon exemple

Les parents peuvent aider leurs enfants à comprendre l’importance de la vérité. Voici quelques suggestions:

Dites toujours la vérité. Ne dites pas à votre enfant de trois ans que vous restez à la maison pour ensuite vous absenter pendant toute la soirée. Quand l’enfant s’éveille et qu’il voit la gardienne, vous avez des ennuis. Vous avez en fait menti. N’oubliez pas que les enfants imitent tout.

Ne faites pas de menaces à la légère. Si vous n’exécutez jamais les menaces, les enfants finissent par croire qu’ils ne seront jamais punis, quoi qu’ils fassent. Corrigez-les le plus tôt possible.

Essayez de comprendre pourquoi l’enfant ment. Prenez le temps de vous asseoir et de discuter du problème. Cherchez le message caché: la peur, une rébellion ou un manque de confiance en soi.

Le vol commence souvent à l’épicerie. Il n’est pas rare de voir un enfant de quatre ans prendre un article sur un rayon de l’épicerie. En général, la mère l’aperçoit et lui explique que l’article ne lui appartient pas et ce que signifie «acheter». Plus tard, à l’école, voler peut devenir un moyen de satisfaire certains besoins physiques ou affectifs. L’enfant qui a de la difficulté à s’entendre avec ses compagnons peut voler des tablettes de chocolat et des cigarettes et les offrir aux autres afin d’acheter leur amitié. Après 12 ans, le garçon ou la jeune fille qui tente de se venger de son milieu peut passer à des actes plus graves comme des vols de voitures et des cambriolages.

Que peuvent faire les parents pour aider?

Ne volez pas. Il est étonnant de constater combien d’adultes volent tout en disant qu’il s’agit d’autre chose. Voici quelques exemples: la personne qui reçoit trop de monnaie à l’épicerie et qui l’empoche ou qui trouve un bijou dans l’autobus et qui le garde. Vos enfants suivront l’exemple que vous leur donnez.

Donnez à vos enfants tout l’appui affectif possible. Ils ont besoin de votre compréhension, de votre temps et de votre attention. Ils doivent savoir que vous ne les abandonnerez pas et que vous ne les jugerez pas trop sévèrement s’ils commettent une erreur. Il importe de faire comprendre aux enfants que si les parents s’inquiètent, c’est parce qu’ils ont de profonds sentiments pour leurs enfants.

Lorsque vos enfants ont des ennuis, ne faites pas une crise de colère. Ne les jugez pas à priori, ne paniquez pas et ne faites pas comme si rien n’était arrivé. Prenez le temps de vous asseoir et d’écouter sa version des faits. S’il admet qu’il est coupable, restez calme et expliquez-lui qu’il devra assumer les conséquences de son geste qui ne seront peut-être pas agréables pour un certain temps. Il importe de lui faire comprendre les sentiments de la personne qui a subi la perte et de lui faire payer l’article à même ses économies. Si, cependant, vous êtes convaincu qu’il est accusé injustement, prenez toutes les mesures nécessaires pour le défendre.

Après le fait, donnez-lui votre appui sans réserve. L’école, les amis et les voisins peuvent très vite «cataloguer» un enfant. Expliquez à votre fils ou à votre fille qu’il faut beaucoup de temps pour acquérir une bonne réputation et qu’un seul incident peut la détruire. Il faut ensuite repartir à zéro.

À qui s’adresser si l’on a besoin d’aide?

La question fondamentale est de connaître les causes profondes du comportement de votre enfant. Bien que l’amour et l’appui de la famille soient extrêmement précieux, il faut parfois faire appel à des professionnels.

Discutez ouvertement du problème avec l’infirmière hygiéniste, votre médecin de famille, l’orienteur et le spécialiste de l’aide à la jeunesse. Ces personnes sont en mesure de vous proposer d’autres solutions au besoin.

Source: Dépliant produit par l’Association Canadienne pour la Santé Mentale en collaboration avec la Direction des services de santé, Santé et bien-être Canada.