C EST QUOI ETRE UN BON PROF??

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La question est simple, la réponse plus compliquée. J’ai pourtant allégé ma tâche en ne demandant pas : « C’est quoi un très bon prof ? »

J’imagine que le prof exemplaire n’a pas recours à la stratégie d’évitement. Je vais néanmoins, me laisser tenter par elle. Commençons par préciser ce que n’est pas un bon prof.

On imagine que le « pas bon prof » est souvent absent, qu’il est en retard sur des programmes qui l’intéressent moyennement et il a tendance à penser que si cela ne se passe pas bien, c’est uniquement de la faute des élèves.

Cet enseignant a tout intérêt à reconsidérer sa position et développer ses capacités d’écoute.

Il a aussi intérêt à avoir un œil sur tout

Revenons à la question initiale. Si on se lance un défi, il faut tenter de le relever. Pour justifier ma conception du bon prof, je m’appuierai sur une chanson de J.-J. Goldman.

J’entends certains commentaires : « Bravo pour la référence culturelle, un bon prof devrait plutôt citer Cicéron, Montaigne. »

Je poursuis. La chanson s’appelle, « il changeait la vie ».

Les mêmes doivent se dire : « Peu cultivé, et prétentieux ! »

Comment faire taire ceux qui ne me parlent pas? Ah, j’oubliais, le prof est souvent un peu parano.

Passons sur le titre, trop ambitieux à mon goût, mais Goldman parle d’un cordonnier, d’un musicien et donc d’un professeur qui en faisant consciencieusement leur travail, améliorent la vie de ceux qui en bénéficient.

Trois mots clés résument son propos: le talent, le coeur et le temps.

Pour intéresser les élèves, leur inspirer confiance, il faut un minimum sinon de talent du moins de qualités intellectuelles et de savoirs académiques, en principe certifiés par les concours.

Il faut aussi du cœur, ou si on préfère une forme de générosité. Il ne suffit pas de penser : « Ma discipline et mon cours sont intéressants » pour faire adhérer les élèves. Il ne s’agit pas de confondre démagogie et pédagogie, mais il faut trouver les moyens de leur tendre la main (par la sensibilisation, en donnant du sens à ce qu’on fait) pour les faire progresser sur le chemin de la connaissance.

Enfin, il faut aussi consacrer du temps à son métier. On peut bien maîtriser les savoirs à enseigner, on peut aimer les transmettre si on ne passe pas assez de temps à préparer la mise en œuvre du cours (diversité des phases et supports pédagogiques etc.), le résultat a peu de chances d’être bon.

Rappelons aussi qu’on ne s’improvise pas prof, c’est un métier qui s’apprend, on a besoin d’une solide formation et l’aide de collègues plus expérimentés.

On reste incrédule quand on se souvient que le ministère précédent a osé lâcher en 2010 dans le grand bain et avec un service complet, des collègues qui venaient de réussir le concours du professorat.

La formation est indispensable, mais elle ne doit pas être un simple formatage en x compétences. Le vrai défi pour un professeur c’est d’apprendre à se connaître. Il peut expérimenter différentes techniques, faire beaucoup d’erreurs surtout s’il a peu de classes (d’où l’importance d’alléger le service des néo titulaires) et ensuite, il définira son style, sa patte, lui permettant de donner plus et d’obtenir plus des élèves.