Boulimie : la peur du vide

Boulimie : la peur du vide

Trois adolescentes sur dix ont connu une période de boulimie. Cette envie irrépressible de manger sans faim porte généralement sur le sucre et les aliments caloriques. Les crises s’accompagnent toujours d’une forte culpabilité. Comment en sortir ? Le point sur ce trouble alimentaire de plus en plus fréquent.

 

Quand manger fait mal !

BoulimieLa boulimie est un problème dont les origines sont complexes. Elle se manifeste par crises compulsives durant lesquelles il devient impossible d’arrêter de manger. Ces problèmes sont toujours la conséquence d’une détresse, d’un traumatisme ou d’un malaise profond. Quelques explications pour mieux comprendre cette plongée dans un cercle infernal.

La crise de boulimie

Elle est en général précédée par quelques signes : une angoisse, une agitation. La (le) malade essaie de se raisonner. La nécessité de manger s’impose pourtant assez rapidement et emporte tout.

 

L’ingestion alimentaire est impérieuse et compulsive. Il faut manger, le plus vite et le plus possible. Les aliments sont avalés sans même être mâchés.

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La réplétion de l’estomac : la sensation d' »être calé » intervient lorsque l’organe est déjà dilaté. Il y a un répit plus ou moins court avec un vague sentiment de satisfaction et de repos, avant la reprise du besoin.

Le vomissement provoqué libère parfois en partie du malaise.

La culpabilité

Elle naît lorsque le besoin est satisfait. C’est un sentiment de honte, isolant l’individu dans le secret de son rituel.

Elle suffit à retrancher une majorité de malades d’une vie sociale cohérente, et à les enfermer dans des comportements déviants. Certains peuvent voler des aliments ou de l’argent pour en acheter, comme pour de la drogue.

A ce stade, deux directions sont possibles :

 

  • la dépression vraie avec souvent tendances suicidaires.
  • la révélation du trouble et la possibilité d’un traitement.

 

Lorsqu’ils se sont rendu compte qu’ils ne s’en sortiraient pas tout seuls, les boulimiques sont d’ordinaire plus réceptifs au conseil médical que les anorexiques. Les propositions thérapeutiques sont nombreuses.http://www.leuromag.com/photo/art/default/2474238-3475359.jpg?v=1289738787

Comment aider à la guérison

Les antidépresseurs

Ils sont efficaces temporairement et n’empêchent pas les récidives.

Ils accompagnent une prise en charge diététique et psychothérapique.
Le soutien psychiatrique et comportemental est donc indispensable. Il s’oriente dans plusieurs directions et à la différence de celui de l’anorexie mentale, peut se passer de l’hôpital, sauf en cas de risque suicidaire et de désordres physiques majeurs.

 

  • La psychothérapie de groupe

 

Elle est le premier stade de rupture avec l’isolement et le secret de la boulimie.
Parce qu’il y a toujours plus malheureux que soi, le récit public, en cercle fermé, d’un tel malaise, devient possible. C’est le principe de fonctionnement de groupes comme les « Alcooliques anonymes », avec ou sans médiateur.

  • Les thérapies cognitives et comportementales

Elles permettent aux malades de se situer par rapport à eux-mêmes, à leur milieu familial et social ainsi qu’à leur comportement alimentaire.
Le démontage progressif des mécanismes et des effets du comportement boulimique permet de le modifier. Il faut réapprendre à manger normalement, dans une atmosphère sereine et neutralisée.

  • La psychanalyse

C’est le troisième volet de la thérapie et elle se place plutôt en fin de traitement. Elle recherche les causes inconscientes du désordre et les met au jour par la parole. Elle réclame du temps et une parfaite confiance entre l’analyste et le patient.

Dr Alain Dubos

http://www.doctissimo.f