ABA (analyse comportementale appliquée)

L’ABA (analyse comportementale appliquée) est à la fois une approche, un programme ainsi qu’une méthode élaborée selon la méthodologie scientifique, avec données et vérifications, validations et modifications selon les résultats.
L’analyse comportementale remonte sans doute aux premiers travaux de Frederic Skinner.
Ce chercheur a été l’un des premiers à démontrer que, chez les animaux, des récompenses alimentaires (comme conséquences positives immédiates à la suite d’un comportement visé) induisaient des changements comportementaux.
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Il peut être difficile d’admettre que, comme les animaux, les humains peuvent réagir positivement à la suite de quelque renforcement.
Cependant, de façon évidente, tout nouveau comportement (animal ou humain) est susceptible de disparaître après un certain temps s’il est essayé sans jamais être récompensé.

L’ABA utilise donc les théories comportementales et réunit les conditions maximales pour que l’enfant autiste ou handicapé puisse atteindre le maximum de son potentiel.

Le comportement problématique de l’enfant est étudié afin de comprendre de qui le motive.
Une fois que l’intervenant en a identifié la raison, il peut modifier celui-ci par des exercices adaptés.

Les parents ont besoin de formation ; comme ils sont partie intégrante du plan d’intervention de la méthode, l’enfant peut généraliser les compétences qu’il apprend.

Dans l’optique de l’ABA, les difficultés reliées à l’autisme proviendraient en grande partie d’un blocage de l’apprentissage, et pourraient être surmontées par un entraînement intensif.

Au départ, un « consultant » (ou « analyste comportemental ») initie les parents et les intervenants à la pratique de l’ABA.
Il établit le programme, qui détermine très exactement quels apprentissages l’enfant doit faire et la façon d’y parvenir.
Ultérieurement, le consultant évaluera et réajustera le programme en fonction des progrès de l’enfant.

Ensuite, des intervenants prennent part au processus. Il peut s’agir de parents d’autistes, d’éducateurs spécialisés ou de toute autre personne connaissant l’ABA.

Ces intervenants vont consacrer les heures nécessaires à l’apprentissage formel de l’enfant.
Celui-ci sera généralement seul, mais les principes de l’ABA pourraient éventuellement s’appliquer à un petit groupe, ou même à une classe.

Pour devenir un bon intervenant ABA, une formation appropriée est nécessaire. Une personne intéressée par cet engagement devrait faire preuve d’enthousiasme et d’imagination, tout en sachant se plier à des instructions précises.
Il faut aussi adorer les enfants, être patient, discipliné et responsable.

Pour leur part, même si les gens du milieu scolaire se sentent généralement moins concernés par la formation individuelle, ils devraient être associés à la démarche; les progrès des enfants en cause les touchent directement, puisque c’est aussi dans le cadre de leur activité que l’enfant apprend ou stagne…

Soulignons que tous les intervenants, quels qu’ils soient, doivent travailler de concert : l’enfant autiste a besoin de constance et de continuité, de messages les plus univoques possible.
Pour progresser de façon notable, le jeune autiste ne doit pas recevoir de messages contradictoires.
D’autre part, la conformité permet de consolider et de généraliser les acquis. Ainsi, c’est tout l’entourage de l’enfant qui doit être impliqué, et pas seulement les intervenants.
Ce travail d’équipe s’avère essentiel pour l’optimisation des résultats.

L’ABA cherche à prévoir avec précision tous les facteurs relatifs à l’apprentissage envisagé : on spécifie au départ son contenu, la méthode à employer, le temps nécessaire à l’atteinte de chaque objectif, l’évaluation ultérieure des résultats et les rectifications possibles.
On détermine aussi les réactions des intervenants et l’application de l’approche dans les différents environnements de l’enfant.
Selon Catherine Maurice, cette méticulosité et cette précision ont permis à des enfants de devenir « indiscernables » de leurs pairs en seulement quelques années de travail.

Le programme se concentre autour d’exercices dits « par essais distincts » (discrete trial ou DT), que l’enfant pratique avec un thérapeute pour apprendre à parler, à jouer et à se comporter avec les autres.
Ces exercices sont conçus pour lui.
Il existe déjà un corpus commun de programmes que tous les participants devront suivre. Cependant, chaque objet utilisé pour un apprentissage particulier est choisi en fonction de l’enfant, selon ses goûts, ses envies, ses habitudes et ses centres d’intérêt.

La cadence des exercices a aussi son importance. Parcourir en vitesse les différents programmes pourrait induire des résultats fragiles, ou une acquisition de compétences inutilisables dans la vie de tous les jours…
Un bon consultant prévoira donc le temps nécessaire pour effectuer un apprentissage et pour le maintenir.

On dit d’ailleurs qu’une compétence doit être « généralisée » : il faut donc insister sur l’importance de son application dans différents milieux, avec différentes personnes.
Il faut que l’enfant puisse l’utiliser par lui-même dans n’importe quelle situation.
Aussi, les compétences qui sont enseignées efficacement durant les exercices d’essais distincts doivent être répétées dans le cadre « naturel » de vie. Sinon, l’enfant ne pourra pas les maîtriser correctement. Passer de la « maîtrise » à « l’appropriation » d’une compétence exige un certain temps et beaucoup de soutien.

L’ABA est surtout identifiée par la pratique des essais distincts, bien qu’il ne s’agisse que de l’une de ses applications : rappelons que l’enfant doit pouvoir progresser partout où il se trouve.
Lovaas (parmi d’autres) notait très clairement qu’un programme comportemental est une intervention globale, menée partout, à tout moment possible de la période éveillée.

En concordance avec l’approche comportementale adoptée, on doit marginaliser les comportements reliés à l’autisme.
Pour ce faire, le consultant apprend aux intervenants à renforcer les comportements souhaités.
Ce renforcement est positif : les mauvais comportements sont ignorés, ou corrigés de façon neutre.
On ne fait que récompenser les bons, jusqu’à ce que le niveau de renforcement diminue vers un seuil typique. Par exemple, devant une compétence bien maîtrisée par l’enfant, les éloges habituels se transformeraient graduellement en un sourire, etc.

Dans le cadre scolaire, la pratique vaut tout autant, même si l’élève n’y fait pas d’exercices par essais distincts au sens strict.
Idéalement, un intervenant devrait poursuivre à l’école le travail amorcé à la maison; ce souhait est rarement concrétisé dans les faits.
Pourtant, un assistant compétent faciliterait sans doute le travail du professeur et consoliderait le travail commencé par l’enfant.

3. Le programme de Lovaas
Ce programme a été développé par Ivar Lovaas, un psychologue-chercheur, dans les années 60 à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Le programme de Lovaas est un programme de stimulation précoce, conçu en fonction des enfants autistes.
Il s’agit d’un programme structuré et intensif, basé sur des théories comportementales et découlant de l’observation directe de jeunes élèves.

Lovaas part de la constation de l’existence, chez l’enfant autiste, de nombreux déficits comportementaux, lesquels doivent être comblés pour qu’il puisse devenir une personne socialement adaptée.
Par conséquent, selon Lovaas, les méthodes d’éducation et l’environnement de l’enfant doivent être adaptés à ses besoins particuliers.

Le chercheur part du postulat que plus l’enfant autiste est stimulé jeune, plus il a des chances de progresser sur le plan des apprentissages.

Les objectifs du programme sont d’enseigner à l’enfant à développer les habiletés
suivantes :
l’attention -l’imitation -le langage réceptif et expressif -les habiletés préscolaires -l’autonomie personnelle.

 

 

Dans le but d’accroître les facultés d’apprentissage de jeunes en proie à des troubles envahissants du développement, ainsi que des enfants autistes, Lovaas expérimente alors auprès d’eux des méthodes inspirées de l’analyse comportementale de Skinner (1959).

Devant le constat d’améliorations perceptibles, Lovaas poursuit ses recherches avec une approche expérimentale et son traitement s’érige rapidement autour de l’application des principes du conditionnement opérant (utilisation de renforcements et de punitions).
De 1965 à 1972, il se concentre principalement sur l’identification de variables inhérentes à un traitement efficace de l’autisme.

Graduellement, plusieurs projets le conduisent vers l’adoption de principes de base qui parachèvent sa méthode au milieu des années 80.

Idéalement, les enfants admis au programme doivent être âgés de moins de quatre ans, afin d’optimiser les chances de progression.
En effet, plusieurs études portant sur le développement du cerveau et sur la stimulation précoce mènent au constat suivant : plus l’enfant est stimulé jeune, plus il a de chances de progresser dans ses apprentissages.

Le programme comme tel est structuré et intensif : il s’échelonne sur plus de trois ans, douze mois par année, à raison de 40 heures par semaine.
Selon Lovaas ce facteur d’intensité, tout comme l’âge de l’élève, sont primordiaux lorsqu’on vise une récupération complète.
Toutefois, pour améliorer ou modifier un comportement ciblé, le programme peut très bien ne s’appliquer que quelques heures par semaine ou pendant des vacances scolaires.

Pendant les premières années, le traitement s’effectue au domicile de l’enfant.
Les parents sont intimement liés à cette démarche et sont supervisés par un psychologue clinicien.
Des éducateurs, ayant reçu une formation de six mois et connaissant d’emblée les objectifs du programme, aideront normalement la famille à soutenir l’intensité des exercices de stimulation.
Par ailleurs, les expériences montréalaises et la recherche démontrent que les parents peuvent très bien appliquer ce traitement eux-mêmes et ne recourir à l’aide de professionnels qu’au besoin.