1ER PARTIE //COMMENT LE CHIEN SE COMMUNIQUE AVEC NOUS

Comment le chien communique

Le chien communique, avec ses semblables et avec l’homme, en envoyant des messages chimiques, en émettant des sons et en adoptant des postures corporelles, comme lorsqu’il lève la patte et fait jaillir un peu d’urine : en réalité, il transmet un signal à l’un de ses congénères, qui le reconnaîtra en passant à cet endroit.

Les sécrétions organiques (urine, selles, sécrétions sexuelles et des glandes périanales, salive) contiennent des substances chimiques qui fournissent une série d’informations aux autres chiens (s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle, si la femelle est en chaleur et ainsi de suite).

  • Les sécrétions des glandes périanales nécessitent une explication (car tous les propriétaires de chiens en ont assurément senti l’odeur nauséabonde sans en connaître la provenance ni la fonction) : c’est une substance de couleur marron, dense et à l’odeur désagréable, produite par deux glandes situées de part et d’autre de l’anus, que l’animal émet lorsqu’il est très effrayé ou pour marquer son territoire.

À cette forme de communication olfactive est associée une forme de communication visuelle car notre compagnon à quatre pattes doit, pour libérer cette sécrétion, tenir la queue haute dans une attitude de dominant.

La voix constitue un autre moyen d’échange d’informations entre chiens. Lorsqu’ils ne voient pas encore et ne sont pas en mesure de se mouvoir, ils « dialoguent » avec leur mère par des pleurs, des gémissements et des jappements.

Avec le temps, cette forme de langage évolue également et lesvocalises changent en fonction de la situation dans laquelle se trouve l’animal. Ainsi, il aboiera fort et avec insistance pour avertir ses compagnons et l’homme de la présence d’un étranger sur son territoire ; il glapira lorsqu’il aura peur ou ressentira une douleur ; s’il cherche une consolation, des câlins ou veut se faire pardonner une espièglerie, il jappera ; il grognera pour prévenir son adversaire que sa présence n’est pas appréciée ; il émettra un aboiement particulier lorsqu’il poursuivra sa proie (et un différent quand il la repérera) pour appeler le chasseur ; enfin, il hurlera pour chercher de la compagnie.

Chez certaines races, la sélection et l’adaptation à certains environnements, par exemple la vie en intérieur, a réduit au minimum leur répertoire vocal ; chez d’autres, la spécialisation l’a augmenté en l’affinant, comme chez les chiens de garde et de chasse.

Les expressions corporelles, le dépôt des sécrétions de certaines glandes, de selles et d’urine dans des lieux stratégiques et les vocalises sont tous des éléments relevant d’un comportement « ritualisé » du loup et du chien sauvage, qui a été conservé par le chien domestique. Ces rituels permettent d’éviter des luttes meurtrières pour le territoire, la dominance, les femelles, tout en maintenant l’ordre entre les membres de la meute.

Traduction du langage du chien

Le langage du chien est toujours le même : il « parle » avec nous exactement comme il le ferait avec ses semblables. Certains sujets particulièrement intelligents et fins peuvent inventer des formes de communication sur mesure pour l’homme, mais il s’agit d’une exception, et sûrement pas d’une règle. Voyons les « mots » qui composent le vocabulaire canin, en essayant de fournir leur traduction fidèle :

Aboyer

L’aboiement, comme on l’a dit, est une manifestation néoténique : les canidés sauvages n’aboient pratiquement jamais. Le chien domestique, au contraire, a été sélectionné exprès pour devenir un grand « clabaudeur » à des fins humaines : il a donc développé plusieurs modulations vocales qu’il continue d’émettre à l’âge adulte, de façon différente en fonction des races.

L’aboiement proprement dit peut constituer un avertissement, une menace, un défi, mais aussi une invitation au jeu ou une demande (de nourriture, d’eau, etc.). L’aboiement revêt divers tons suivant sa signification, et presque tous les propriétaires de chiens apprennent vite à les distinguer.

Glapir

Le glapissement équivaut à une demande d’aide précise : les chiots y ont très souvent recours, tout comme les adultes quand ils se sentent en danger.

Faire kaï-kaï

Il s’agit d’un signal vocal que tous les maîtres connaissent parfaitement et qui signifie : « Aïe, comme ça fait mal ! ». Chez les chiots, surtout, mais parfois chez les adultes également, il peut traduire une forte peur ou une soumission totale. Les chiots émettent des kaï-kaï désespérés quand ils voient leur père pour la première fois, même si ce dernier n’a pas touché à un seul de leurs poils.

Le langage du chien est toujours le même : il « parle » avec nous exactement comme il le ferait avec ses semblables. Certains sujets particulièrement intelligents et fins peuvent inventer des formes de communication sur mesure pour l’homme, mais il s’agit d’une exception, et sûrement pas d’une règle. Voyons quels « mots » composent le vocabulaire canin, en essayant de fournir leur traduction fidèle.

Gémir

Le chien gémit (c’est-à-dire qu’il émet des gémissements étouffés et prolongés qui, chez certaines races – comme les Huskies – ressemblent quelquefois à un véritable discours) lorsqu’il est en proie à un malaise psychologique. Pour entendre un large éventail de gémissements, il suffit de visiter un chenil : chaque chien, en voyant une personne derrière les barreaux, gémira quelque chose, signifiant : « Emmène-moi, je veux sortir d’ici ! » Les chiens qui gémissent le plus – et qui sont généralement ceux qui aboient le moins – peuvent aussi utiliser ce signal vocal pour exprimer leur désaccord à l’égard d’une action du maître.

Hurler

Le hurlement est une activité vocale sociale qui permet :
– au membre égaré d’une meute de faire connaître sa position (et la meute lui répond habituellement en chœur pour lui dire : « Nous sommes ici, rejoins-nous ! »).

– à une meute séparée de l’un de ses membres de l’appeler, ce qui se produit surtout quand le membre isolé occupe un rang très élevé ; lorsqu’un loup de rang inférieur se retrouve isolé, les autres s’en moquent dans la plupart des cas ; – à une meute entière d’indiquer les limites de son territoire.

– de renforcer les rapports au sein de la meute.

Les chiens domestiques hurlent proportionnellement à leur position sur l’échelle néoténique : ceux qui occupent le haut de cette échelle (à savoir les plus lupoïdes) hurlent beaucoup plus que les autres. Bon nombre de races (surtout celles largement manipulées par l’homme) ne manifestent plus ce comportement.

Le chien domestique semble ne jamais hurler pour des raisons territoriales, même lorsqu’il fait partie d’une meute (groupe de chiens vivant ensemble) ; en contrepartie, il hurle parfois en réponse à des bruits très différents d’un hurlement, mais qu’il identifie comme tels. Les sons de cloches, les sirènes, la musique… ou le chant de son maître comptent parmi les exemples classiques. Il ne faut alors pas se décourager : rien ne dit que vous chantez comme un chien.

C’est simplement que le chien ne conçoit pas la musique comme telle et, ne sachant comment l’interpréter, pense qu’il s’agit d’un appel social. Le hurlement est l’un des facteurs qui réussissent à déclencher ce que l’on désigne, en éthologie, sous le terme de comportement allélomimétique : un membre de la meute est imité par tous les autres (d’où les chœurs de hurlements).

Cette forme de communication revêt beaucoup d’importance pour le loup, au point que les louveteaux commencent à s’exercer dès leur plus jeune âge. Il convient de rappeler que le chien n’est pas un animal mimétique : il s’avère incapable d’apprendre quoi que ce soit par le biais de l’imitation, contrairement à ce qui se produit chez les primates, par exemple.

Le comportement allélomimétique constitue davantage une sorte de « transmission d’états d’âme » qu’une véritable imitation réalisée dans un but précis.

Éternuer

Le chien ne s’enrhume pas : cette espèce d’éternuement qu’il produit souvent est en réalité un souffle d’avertissement. Équivalant à un aboiement gueule fermée, il constitue le premier signal de quelque chose de suspect, dont le chien n’a cependant pas encore la certitude.

Le sourire du chien

Le fameux sourire du chien, typique des Dalmatiens, mais observé également chez les Colleys, le Chien de Canaan… et les bâtards, est un comportement acquis, et qui plus est à un âge avancé. Le sourire consiste à étirer la lèvre supérieure vers l’arrière en découvrant les dents, ce qui crée un rictus du plus haut comique que certains prennent, à tort, pour une marque de menace : il n’en est rien, comme le prouve d’ailleurs l’attitude de tout le reste du corps qui envoie des signaux de soumission et de paix.

Le sourire constitue un indice de disponibilité et d’amitié (le chien sourit souvent au retour de son maître à la maison ; ou lorsqu’il a commis une bêtise quelconque et que cet effet comique empêche presque de le punir !) : on estime qu’il s’agit vraiment d’une imitation du comportement humain, issue de l’observation.

Dans la pratique, le chien a compris que quand nous sommes contents et bien disposés envers quelqu’un, nous découvrons nos dents : il fait par conséquent la même chose à notre égard. Cela paraît assez étrange, car le mimétisme s’avère extrêmement limité chez le chien : il n’en demeure pas moins que le chien ne « sourit » jamais à un autre chien, uniquement à l’homme.